Devant les eurodéputés à Strasbourg, mardi 26 novembre, le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a reconnu que les négociations pour aboutir à un accord lors de la COP29 à Bakou (Azerbaïdjan) (EUROPE 13531/13) avaient été « réellement difficiles ».
« À plusieurs moments, en particulier lors de la dernière soirée, nous étions au bord de l’effondrement. Mais il est important que nous soyons parvenus à un accord », a déclaré M. Hoekstra, qui a concédé que cet accord était « loin d’être idéal ».
Concernant le montant de l’aide à l’action pour le climat que les pays développés devront fournir, les parties de la COP se sont accordées sur un montant de 300 milliards de dollars annuels d’ici 2035.
« C’est 1 000 milliards de moins que ce dont on aurait eu besoin pour faire face au changement climatique », a rappelé Sigrid Friis (Renew Europe, danoise), alors que les pays en développement, bénéficiaires de cette aide, et la société civile demandaient jusqu’à 1 300 milliards de dollars.
« Avec l’inflation d’ici 2035, c’est à peine une augmentation de nos ambitions », a renchéri Emma Wiesner (Renew Europe, suédoise).
Certains députés de la délégation présente à la COP29 ont toutefois salué les efforts du commissaire Hoekstra, comme Annalisa Corrado (S&D, italienne). Elle souligné que l’appel, dans le texte, à accroître l’ambition de façon volontaire jusque 1 300 milliards d’ici 2035 « ouvrait une petite porte » pour les discussions lors de la COP30 à Belém (Brésil), qui pourraient « limiter la casse ».
Plusieurs eurodéputés, à gauche comme à droite de l’hémicycle, ont regretté que certains pays industrialisés, historiquement considérés comme pays en développement, ne soient toujours pas inclus dans la base des pays contributeurs au financement de l’action pour le climat.
« Nous n’avons réussi que partiellement, la Chine et d’autres n’ont pas voulu s’engager de façon contraignante à contribuer au financement de la protection du climat, cela reste un problème », a expliqué Peter Liese (PPE, allemand).
Des députés de gauche, comme Nikо́las Farantoúris (La Gauche, grec) ont également regretté que les acquis de la COP28 à Dubaï sur une sortie progressive des énergies fossiles n’aient pas été pris en compte lors de cette COP.
À noter que plusieurs commentaires climatosceptiques de la part des députés du groupe des Patriotes pour l'Europe ont provoqué l'exaspération et suscité plusieurs questions 'carton bleu' de la part du centre et du centre droit.
Michael Bloss (Verts/ALE, allemand), quant à lui, a estimé que l’Europe n’avait pas été à la hauteur de son rôle de leader sur le plan climatique, insistant sur le fait que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président français, Emmanuel Macron, ou encore le chancelier allemand, Olaf Scholz, ne s’étaient pas rendus à Bakou aux premiers jours de la COP.
Lors de son introduction, le commissaire Hoekstra a toutefois mis l’accent sur « une réussite » de cette COP, « qui a moins fait parler » d'elle, à savoir l’accord permettant d’ouvrir la voie à des politiques de tarification du carbone à l’échelle mondiale (Article 6 de l’Accord de Paris), qui permettra « de construire un pont entre le nord global et le sud global en matière d’ambition ». Ce point n’a d’ailleurs pas été évoqué par les députés. (Pauline Denys)