Lors d’une conférence de presse conjointe tenue mercredi 20 novembre à Bakou (Azerbaïdjan), dans le cadre de la COP29, la présidente de la délégation du Parlement européen, Lídia Pereira (PPE, portugaise), et le commissaire européen à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, ont affirmé l’importance de clarifier les fondations du financement climatique avant d’avancer des chiffres concrets. L’Union européenne, fidèle à son rôle de leader, appelle à une mobilisation mondiale pour répondre aux enjeux climatiques.
L’une des principales préoccupations soulevées lors de la conférence de presse était l’absence de consensus sur le New Collective Quantified Goal (NCQG), le futur objectif collectif de financement climatique, central dans cette COP.
Interrogé sur un éventuel engagement européen, Wopke Hoekstra a déclaré : « Nous devons d'abord concevoir les éléments qui doivent être en place dans le texte global (…) en termes d'atténuation, mais aussi dans le domaine financier. (…) Ce n'est qu'une fois que nous aurons établi cela que nous pourrons avoir une conversation significative sur le montant exact ».
Interrogé sur l’absence d’accord au sein des pays de l'Union européenne, Wopke Hoekstra a affirmé : « Nous sommes déjà très unis chez nous et avons tous souscrit au mandat confié à la Présidence de l'UE et à moi-même. (...) Je ne pense pas qu’il soit utile de discuter publiquement de ce type de choses avant d’avoir établi une base claire de ce que nous devrions réellement chiffrer ».
Cette position prudente reflète les tensions des négociations, notamment sur l’élargissement des contributeurs. L’UE défend l’idée que des pays émergents économiquement puissants contribuent également au financement climatique. « Tous ceux qui en ont la capacité doivent se montrer à la hauteur », a ajouté M.Hoekstra.
Sur l’un des autres points clés des négociations, l’article 6 de l’Accord de Paris, qui régit les mécanismes de coopération internationale pour réduire les émissions, notamment les marchés du carbone, le commissaire européen a déclaré : « La certification, la transparence et la vérification continuent d'être au cœur de cette question. (...) Nous devons nous assurer que nous créons un système qui a l'intégrité nécessaire pour faire ce que nous espérons qu'il fera ».
L’UE insiste sur des règles strictes pour éviter les abus et garantir que les marchés servent réellement à accélérer la transition énergétique.
Lídia Pereira a rappelé que les engagements pris lors des COP précédentes, en particulier l’élimination progressive des combustibles fossiles, devaient être maintenus. « Revenir en arrière sur ce qui a été réalisé représenterait l'échec de la COP de l'année dernière », a-t-elle affirmé, tout en saluant la déclaration du G20 (EUROPE 13527/11), comme un soutien à la transition énergétique.
Mme Pereira a également soutenu l'intérêt de mécanismes permettant de « rendre la pollution coûteuse » et de stimuler les investissements dans les solutions durables. « Nous avons montré l’exemple dans l’Union européenne », a-t-elle ajouté.
En réponse aux préoccupations des petits États insulaires en développement, M. Hoekstra a plaidé pour un soutien ciblé : « Nous sommes unis dans notre ambition et nous constatons qu'ils ne sont en aucun cas responsables des dommages causés, mais qu'ils se trouvent à l'extrémité réceptrice du problème. » (Nithya Paquiry)