Le Haut Représentant de l’UE pour la Politique étrangère et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a plaidé, mercredi 20 novembre, pour que « la voix de la raison » l’emporte sur celle de la « haine », « seul chemin vers la paix » au Proche-Orient.
Lors d’un discours à l’Université de la Jordanie, où il a reçu un doctorat honorifique, le Haut Représentant a estimé qu’il fallait travailler à la mise en place de la solution à deux États. « De chaque côté, il y a des gens qui veulent et travaillent pour la paix », a rappelé M. Borrell, ajoutant qu’il fallait vaincre les extrémistes. « Il n’y a pas de solution militaire, elle devra venir à travers une négociation pour la paix et le partage des terres », a-t-il ajouté.
M. Borrell a dénoncé une nouvelle fois la situation « dramatique » au Proche-Orient, avec une guerre contre les enfants à Gaza ('children war'). C’est une guerre « où 70% des personnes tuées sont des femmes et des enfants », a-t-il expliqué, ajoutant que la catégorie d’âge dans laquelle il y avait le plus de morts est celle des enfants de moins de 9 ans. « C’est une guerre contre l’enfance, la mort d’une génération », a-t-il ajouté.
Le Haut Représentant a rappelé qu’aucune horreur ne pouvait en justifier une autre et que le droit de se défendre avait une limite : celle du droit international. À Gaza, « tout ce qui fait une société a été détruit (…), le niveau de destruction ne peut être justifié par l’autodéfense, cela va bien plus loin », a estimé M. Borrell.
Selon le chef de la diplomatie européenne, il n’y aura pas de paix sans justice. Il a précisé que la reddition des comptes devait être impartiale, quels que soient les victimes et les auteurs. « Les crimes de guerre et contre l’humanité doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)