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Bulletin Quotidien Europe N° 13510
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

La droite et la gauche au Parlement européen se déchirent à nouveau sur les solutions d'externalisation de la gestion des migrations

Les eurodéputés ont présenté une nouvelle fois, mercredi 23 octobre à Strasbourg, un front désuni sur la façon de réduire les arrivées irrégulières dans l’UE, notamment en durcissant la politique des retours des migrants en situation illégale.

Les élus sont revenus sur les résultats du Sommet européen du 17 octobre (EUROPE 13506/1) et le concept de 'solutions innovantes' par le biais des 'centres de retour'. Lors de ce débat, mené pour la Commission par la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, les groupes de gauche ont à nouveau rejeté avec véhémence toutes ces idées jugées inefficaces, coûteuses, en plus d’être inhumaines. Le groupe Renew Europe s’est aussi inscrit dans cette ligne, tout en acceptant la nécessité de réviser la directive actuelle sur les retours datant de 2008 et dont une révision mise sur la table en 2018 reste bloquée au PE.

Ainsi, la cheffe de file du groupe S&D, Iratxe Gárcia Pérez, ne permettra pas « que la lettre d’Ursula von der Leyen enterre le ‘Pacte Asile et migration' ». « La seule lettre à respecter, c’est la Charte des droits fondamentaux, qui garantit le droit d’asile ».

Se référant à l’arrêt de justice italien du 18 octobre sur le dispositif italo-albanais, elle a appelé la présidente élue de la Commission à « abandonner son idée de ‘return hubs’ », tout en rappelant à la droite de l’hémicycle que le nombre d’arrivées illégales a chuté de 42% par rapport à l’an dernier.

« La cruauté des mesures que vous cachez sous l'euphémisme d'« innovantes » pour traiter les entrées irrégulières est tout simplement inacceptable. La seule solution possible est une politique migratoire humaniste, ordonnée et sûre », a-t-elle dit, dénonçant le narratif consistant à dépeindre les migrants comme des voleurs d’emplois alors que les secteurs européens de l’agriculture ou de la construction « s’effondreraient » sans la migration.

Valérie Hayer, la présidente française du groupe Renew Europe, a ironisé sur la durée de vie de « 48 heures » du dispositif entre Rome et Tirana et s’est demandé comment « on peut vouloir s’inspirer d’un tel échec ».

Ces systèmes représentent en outre « une gabegie » financière. L’efficacité, a dit la Française, c’est de contrôler « les migrants dès qu’ils arrivent sur notre sol, de renseigner les données dans une base commune, d’accélérer les demandes… l’efficacité, c’est le ‘Pacte’ », a résumé la cheffe de file. Si le groupe soutient la révision de la directive 'Retours', il appelle à « résister à la démagogie et aux fausses solutions ».

« La réalité actuelle est qu'une majorité, aidée par les conservateurs (PPE), cède aux appels de l’extrême droite et à la propagande populiste sur l'immigration. Les accords d'expulsion et la création de camps dans des pays tiers sont une approche inhumaine, coûteuse et inefficace qui n’apporte aucune solution », a aussi commenté l’élue belge Saskia Bricmont (Verts/ALE).

La nouvelle élue française des Verts/ALE, Mélissa Camara, dénonce la même « course à l’échalote du PPE derrière les obsessions de l’extrême droite » alors que les « gens sur le terrain ne demandent pas des centres de retours », mais des moyens pour mieux intégrer les personnes.

De son côté, le PPE a continué à défendre ces nouvelles pistes innovantes.

Tomas Tobé (PPE, suédois), estime qu'il faut « reprendre le contrôle de la migration » et que le premier grand pas a été fait avec le Pacte. « C’est nous, et non les passeurs, qui décidons de qui entre dans l’UE, et il a toujours été clair pour nous qu’il faut faire plus pour augmenter les retours ». Une nouvelle proposition devra donc être faite « dans les 100 jours » du mandat du nouveau commissaire. « On devrait aussi explorer de nouvelles solutions, comme les centres de retours », a ajouté le Suédois « Certaines parties de la gauche sont unies dans leur résistance, mais le PPE est prêt à faire avancer les choses », a-t-il poursuivi.

Pour Nicola Procaccini (CRE, italien), « jusqu’ici, on a suivi en Europe la ligne ‘no border’ de la gauche » avec des échecs sur les « rapatriements non faits, des morts en mer et l’insécurité dans nos villes. Il est temps de changer de cap, d’accueillir ceux qui ont une chance d’intégration et il faut traiter le phénomène avant qu’ils arrivent ». Demander « l’aide des pays tiers, c’est juste du bon sens », a-t-il commenté. (Solenn Paulic)

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