Le rapport publié mardi 22 octobre par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA), intitulé 'Être musulman dans l'UE', révèle une hausse préoccupante du racisme et de la discrimination envers les musulmans dans les pays de l'UE.
Les travaux de la FRA, basés sur les expériences de près de 10 000 musulmans vivant dans 13 pays de l'UE entre 2021 et 2022, montrent une augmentation significative des actes de discrimination et de harcèlement raciaux depuis la dernière enquête, menée en 2016.
Ainsi, 38% des musulmans ont déclaré avoir été victimes de discrimination pour n'importe quel motif au cours de l'année précédant l'enquête (2021-2022), contre 25% en 2016.
Aussi, 39% des répondants musulmans ont déclaré avoir rencontré de la discrimination dans le domaine de l'emploi lorsqu'ils cherchaient un travail et 35 % en ont subi sur leur lieu de travail.
En matière de logement, 35% des répondants ont signalé des discriminations raciales, une situation qui a des répercussions sur la santé mentale et physique des personnes concernées.
Le document rapporte en outre que les femmes musulmanes, particulièrement celles qui portent des vêtements traditionnels ou religieux, sont plus vulnérables à la violence et à l'exclusion.
Pour lutter contre ces phénomènes croissants, la FRA recommande aux États membres de renforcer les législations anti-discrimination, notamment en appliquant la directive sur l'égalité raciale, en adoptant des plans d'action nationaux contre le racisme et en utilisant la décision-cadre de 2008 sur le racisme et la xénophobie.
La FRA appelle également à la mise en place de sanctions renforcées et dissuasives pour toute violation de ces législations ainsi qu'à l'amélioration de la collecte des données sur les crimes haineux et au soutien aux organismes d'égalité. Par ailleurs, elle préconise d'améliorer l'accès aux services de soutien pour les victimes.
Le rapport sera officiellement présenté lors d'un atelier organisé par la FRA, à Bruxelles, les 24 et 25 octobre 2024, qui réunira des représentants de la société civile, des institutions européennes et des organisations internationales.
Lire le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/e02 (Nithya Paquiry)