Les députés européens ont débattu, mercredi 23 octobre, de l’état de l’industrie de l’acier dans l’UE, qui est menacée. Tous les groupes estiment que les prix élevés de l’énergie sont à blâmer en premier lieu. La surcapacité chinoise sur le marché mondial vient ensuite aggraver la situation des aciéries européennes, qui sont contraintes de supprimer des emplois, ont affirmé la plupart des députés. D’aucuns ont réclamé la mise en œuvre d’un plan d’action pour l’industrie sidérurgique, comme le demande le représentant de ce secteur, Eurofer (EUROPE 13505/32).
« 100 000 emplois perdus dans la filière en Europe en 15 ans, ce n’est pas acceptable », a martelé Christophe Grudler (Renew Europe, français). M. Grudler et l’ensemble de ses collègues estiment que l’UE doit agir rapidement pour faire baisser les prix de l’énergie.
Il partage également avec d’autres groupes le besoin de réviser les mesures de sauvegarde existantes sur l’acier, qui ont été prolongées jusqu’en 2026 (EUROPE 13440/34). L’UE doit « revoir la sauvegarde sur l’acier pour qu’elle puisse répondre à la réalité du marché », selon Juan Ignacio Zoido Álvarez (PPE, espagnol). La mesure actuelle est jugée trop peu réactive par certains élus.
Les groupes se rejoignent aussi sur l’idée de créer des marchés pilotes verts dans l’UE. Il s'agit d'utiliser la commande publique pour stimuler la demande et donner de la prévisibilité aux producteurs. « Nous avons besoin d’acier ‘Made in Europe’, donc on a besoin de marchés pilotes pour l’acier vert », a insisté Terry Reintke (Verts/ALE, allemande).
Si les groupes PfE, CRE et ESN rejoignent cet appel à créer des marchés pilotes verts, ils insistent, par ailleurs, sur l’impact négatif de l’ETS et du CBAM sur l’industrie sidérurgique.
En réponse aux différentes remarques des députés, la commissaire européenne Helena Dalli s'est alignée sur le besoin d’agir pour sauver ce secteur. « Pour ce faire, nous avons besoin d’investissements massifs dans des nouveaux projets sidérurgiques propres », a-t-elle affirmé. Et de renvoyer au 'Fonds pour la compétitivité' promis par la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et à la révision des règles sur les marchés publics.
Mme Dalli a également appuyé la demande d’un plan d’action pour l’acier, qui sera, selon elle, développé une fois que la nouvelle Commission aura pris fonction. (Léa Marchal)