Les eurodéputés et des experts du monde agricole ont fait montre de divergences sur la manière de mettre en œuvre les idées découlant du dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture de l'UE, lors d'une audition organisée lundi 14 octobre par la commission de l'agriculture du Parlement européen (EUROPE 13483/8).
Peter Meedendorp, président du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA), a estimé que différents critères de durabilité sont imposés aux agriculteurs. Le dialogue stratégique doit être poursuivi, via une plateforme d’échange notamment. Il a évoqué le problème de l’accès aux terres, tout comme Lili Balogh, présidente d'Agroecology Europe, qui a insisté sur la disparité au niveau des soutiens agricoles.
Leo Alders, président de Fertilizers Europe, a insisté sur le besoin d’investir dans les engrais verts, même si cela représente un défi technologique.
Massimiliano Giansanti, président du Comité des organisations professionnelles agricoles (Copa) de l'Union européenne, a évoqué les dernières années difficiles en raison des catastrophes naturelles et la baisse du revenu agricole au cours des années. Il a évoqué parmi les priorités la réciprocité des normes (pour les produits importés) et les revenus des agriculteurs. Il faut travailler sur les instruments qui permettent d’atteindre les objectifs en matière de durabilité. Les résultats du dialogue stratégique constituent un point de départ, selon lui. Massimiliano Giansanti a plaidé pour une révision du budget de la PAC en tenant compte de l’inflation.
Fonds agricoles. Antonio Decaro (S&D, italien), de la commission de l’environnement du PE, a estimé que les fonds de la PAC doivent bénéficier en priorité aux agriculteurs qui en ont besoin et dont les pratiques sont bénéfiques pour l’environnement. Cette transition doit se traduire par des sacrifices et l’UE doit faire des sacrifices pour venir en aide aux agriculteurs. Un fonds consacré à la transition en agriculture constitue un pas dans la bonne direction, selon M. Decaro.
Comment définir les agriculteurs qui ont le plus besoin des fonds agricoles, s'est interrogé Herbert Dorfmann (PPE, italien). « Il faut parler d'argent », a lancé Esther Herranz García (PPE, espagnole). Elle s'est opposée aux idées visant à renationaliser la politique agricole commune (PAC) et introduire une conditionnalité sur l'octroi des fonds agricoles.
Dario Nardella (S&D, italien) a aussi réclamé davantage de ressources, notamment pour les petits agriculteurs. Il a estimé que les résultats du dialogue stratégique sont un peu faibles en matière de compétitivité et d'innovation.
Pascal Canfin (Renew Europe, français), quant à lui, a salué le fait que ce dialogue ait permis de dépolariser le débat sur l'agriculture et de trouver des compromis avec des solutions concrètes.
Enfin, Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a plaidé en faveur d'une véritable transition agricole en Europe et d'un observatoire européen des sols. (Lionel Changeur)