Les ministres de l'Environnement de l'UE ont fait le point sur la mise en œuvre de la stratégie globale de l'UE dans le domaine des produits chimiques, lundi 14 octobre. Ils ont majoritairement demandé une révision urgente du règlement REACH, qui doit être rationalisé pour favoriser la compétitivité, tout en garantissant la santé des citoyens et de l'environnement. La question de la dangerosité des PFAS a également été largement abordée par les ministres.
Les États membres ont salué les actions présentées par le commissaire européen à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra : le règlement pour la classification, l'étiquetage et l'emballage des substances et des mélanges, la proposition 'Une substance, une évaluation', le règlement relatif à l'étiquetage numérique des fertilisants UE...
Autant de mesures prises qui n'enlèvent rien à « l'urgence » évoquée par plusieurs États membres. La ministre suédoise du Climat et de l'Environnement, Romina Pourmokhtari, a déploré l'exposition aux « produits potentiellement cancérigènes (...) qui pourrait être évitée si on amendait le règlement REACH ». Comme la Suédoise, le ministre de l'Environnement slovaque, Tomáš Taraba, a demandé de « mettre un terme aux PFAS dans l’UE, sauf en cas d’utilisation essentielle ».
Les polluants éternels ont été au cœur de la discussion. Il faut « arrêter tout de suite toute utilisation des PFAS », a insisté la ministre lituanienne de l’Environnement, Laura Masiliauskaité. La Belgique et le Portugal, quant à eux, ont défendu la recherche d’alternatives aux PFAS.
Il faudra, selon les ministres, financer davantage l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), dont le travail sur les polluants éternels doit être facilité, et renforcer son indépendance.
Quant aux produits déjà interdits dans l'UE, ils ne devraient pas pouvoir être exportés, ont déclaré, entre autres, la France, l'Espagne et la Belgique. En procédant ainsi, l'UE court le risque de voir revenir sur son territoire des produits dangereux pour la santé de ses citoyens et de son environnement. Mais aussi parce que ce « double standard » peut entraîner une concurrence déloyale pour l'industrie européenne.
Cette dernière doit être « soutenue de manière adéquate », a demandé le ministre slovène, Bojan Kumer. La compétitivité de l'Europe est en jeu. Pour y répondre, la simplification du règlement REACH et l'établissement d'une feuille de route ont été demandés. (Florent Servia)