Le Conseil a approuvé, lundi 14 octobre, la position générale de négociation de l’UE en vue de la COP16 sur la biodiversité, qui se tiendra à Cali, en Colombie, du 21 octobre au 1er novembre.
Deux ans après la COP15 et l’adoption du cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal, les priorités sont désormais la mise en œuvre de l’accord et le financement des mesures.
L'accord de 2022 recensait 4 objectifs et 23 cibles (EUROPE 13087/3). Il était question de réduire de moitié le gaspillage alimentaire mondial, d'éliminer progressivement ou de réformer d'ici 2030 les subventions qui nuisent à la biodiversité, l'objectif étant de conserver 30% des zones terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines et de restaurer 30% des écosystèmes dégradés. Le Conseil, qui veut maintenir ces ambitions, s'est notamment félicité d'avoir adopté formellement le règlement sur la restauration de la nature, le 17 juin.
L’UE doit montrer qu’elle est « à la pointe de ce combat », a estimé la ministre française de l’Environnement, Agnès Pannier-Runacher, en amont des discussions, le 14 octobre. Pour cela, le Conseil plaide pour une approche transversale du sujet. « La biodiversité devrait être présente dans toutes les politiques et tous les secteurs. Nous en dépendons pour les médicaments, l'énergie, l'air pur et l'eau et elle nous protège des catastrophes naturelles », a déclaré le ministre hongrois de l'Agriculture, István Nagy, également présent à Luxembourg. Ces défis n'ont pas de frontières », a insisté le secrétaire d'État au ministère roumain de l'Environnement, Inut-Sorin Banciu.
Pour atteindre les objectifs de la COP15, il sera nécessaire, selon le Conseil, d'adopter, dès la COP16, un processus pour établir précisément les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures adoptées en 2022. L'objectif fixé lors de la COP15 étant de mobiliser, d'ici 2030, au moins 200 milliards de dollars par an de financements nationaux et internationaux liés à la biodiversité. Parce qu'il faut financer ces mesures, le Conseil a salué la création, en 2023, du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité, dont la vocation est d'accélérer et d'accroître les investissements (publics et privés).
Selon le Conseil, la COP16 devra permettre d'adopter une stratégie révisée de mobilisation des ressources, qui impliquerait notamment d'en diversifier la provenance (publique, privée...) (Florent Servia)