Les membres du Parlement européen ont salué, lundi 16 septembre à Strasbourg, l’organisation du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE, tout en demandant souvent que ce travail débouche sur des mesures concrètes et ambitieuses.
Le processus du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture de l’UE s’est soldé par la rédaction d’un rapport, qui a généralement été salué par les eurodéputés (EUROPE 13475/1).
Au nom de la Commission européenne, Mairead McGuinness, commissaire européenne aux Services financiers, a évoqué le contexte actuel des catastrophes naturelles en raison du changement climatique (voir autres nouvelles). Elle s’est félicitée de l’accord unanime des parties prenantes sur une vision commune de l’agriculture. Mme McGuinness a dit que la Commission examinait les recommandations contenues dans le rapport, « étayées par un consensus très large ».
Elle a cité, parmi les priorités, un revenu décent pour les agriculteurs, un meilleur ciblage des aides aux exploitants, un système plus sain dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, une baisse des gaz à effets de serre ou encore des mesures pour encourager les pratiques durables. « Ceux qui étaient sceptiques se sont trompés », a conclu la Commission.
Le dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture européenne est un point de départ pour les discussions futures sur l'agriculture, « mais il faut aller plus loin », a déclaré l’Italien Herbert Dorfmann, porte-parole du groupe PPE au sein de la commission de l'agriculture du PE.
Les agriculteurs européens ont besoin d’un revenu sûr, d'une simplification de la bureaucratie et d'une position plus forte dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire pour faire face à l'industrie et aux géants de la distribution, a résumé M. Dorfmann.
Pour Dario Nardella (S&D, italien), la méthode de travail (de ce dialogue stratégique) devrait être plus ouverte et plus transparente. Il a salué l’idée de créer un fonds spécifique pour assurer la transition du secteur agricole. Elsi Katainen (Renew Europe, finlandaise) a estimé que ce rapport sera une base solide pour discuter du cadre financier pluriannuel (CFP).
Gilles Pennelle (Patriotes pour l’Europe, français) a estimé que les agriculteurs en colère n’ont pas été entendus, notamment parce que le rapport continue de critiquer le secteur de l’élevage.
Veronika Vrecionová (CRE, tchèque), présidente de la commission de l'agriculture du PE, a regretté un rapport « plein de conformisme » et ne contenant pas de bonnes idées pour une réforme.
Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a indiqué que plus de 800 exploitations disparaissent chaque jour en Europe. Les produits importés doivent respecter les mêmes règles que les produits agricoles de l’UE, a-t-il insisté. Il faut utiliser les financements pour aider les agriculteurs à assurer la transition verte, selon lui.
Norbert Lins (PPE, allemand) a parlé d'un « budget d'accompagnement » en faveur des exploitants.
Christophe Clergeau (S&D, français) estime qu'il faut prendre ce rapport au sérieux et transformer les politiques agricoles. Il a cité l'idée du rapport visant à « remettre en cause le système des aides à l'hectare et à en faire davantage pour les petits agriculteurs et l'agriculture familiale. Allons-nous retrouver cela dans la feuille de route de la Commission européenne, le PPE va-t-il défendre cela ? », s'est-il interrogé. (Lionel Changeur)