Quelques heures après l'annonce surprise de la démission de Thierry Breton (voir autre nouvelle), les réactions au sein du monde du numérique dans l'UE étaient encore sporadiques.
Plusieurs groupes d'intérêts et regroupements d'industries, à l'instar de Digital Europe ou de DOTEurope, n'avaient pas émis de communiqué officiel, préférant attendre la répartition officielle des portefeuilles dans la prochaine Commission pour se prononcer sur le futur de la politique numérique de l'UE.
Du côté de France Digitale, qui représente plusieurs dizaines de start-up et d'investisseurs, on se dit tout de même « surpris » par cette annonce : « L'écosystème de l'innovation européen, entrepreneurs comme investisseurs, a grandement apprécié les efforts effectués (par Thierry Breton) pour faire émerger des champions européens de la tech qui respectent nos valeurs, à travers des régulations clés comme le DSA et le DMA », estime l'association.
Si Stéphane Séjourné, ancien ministre de l'Europe français, a été désigné par l'Elysée pour remplacer Thierry Breton, rien ne dit encore qu'il prendra la suite du commissaire sortant. « Nous espérons qu'il pourra garder un portefeuille stratégique, dans la continuité de celui qu'avait M. Breton », a sobrement déclaré France Digitale.
En tant que commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton était l'une des figures prépondérantes du précédent collège des commissaires européens, ayant notamment porté des lois emblématiques de régulation des grandes plateformes (loi sur les services numériques, loi sur les marchés numériques, règlement sur l'IA).
Il a adopté une ligne dure contre les abus des géants de la tech, allant jusqu'à s'opposer publiquement à Elon Musk. (Isalia Stieffatre)