La vice-Première ministre d'Ukraine chargée de l'Intégration européenne et ministre de la Justice, Olha Stefanichyna, a rappelé les priorités de son pays pour entamer dès que possible le processus d’adhésion formelle dans le domaine des droits fondamentaux, notamment de l’État de droit et des réformes des institutions démocratiques, lundi 16 septembre à Bruxelles, lors d’un événement organisé par l’European Policy Centre.
Présente à Bruxelles pour rencontrer pendant trois jours des fonctionnaires de la Commission européenne afin de préparer ces futures négociations, la vice-Première ministre a espéré que les négociations sur ce chapitre des droits fondamentaux pourraient réellement démarrer début 2025.
« Nous allons donc passer les trois prochains jours à mener les négociations formelles avec la Commission européenne, qui aboutiront à la feuille de route dans le domaine de l'État de droit », a-t-elle expliqué.
Ce travail consiste notamment en « un travail de fond pour préparer la stratégie dans les domaines fondamentaux du fonctionnement de notre pays jusqu'au processus d'adhésion ». Selon Mme Stefanichyna, il s’agira aussi « de la première étape qui donnera le feu vert à toutes les autres négociations ».
La discussion menée cette semaine à Bruxelles permettra de clarifier pour Kiev « l'architecture des réformes attendues » par la Commission et d’élaborer un premier « calendrier de cette transformation ».
La ministre a également assuré que l’Ukraine présenterait, pour chaque chapitre, une stratégie 'anti-corruption' dans toutes les politiques concernées, qu’il s’agisse du transport ou de l’énergie, avec une supervision au niveau de l'agence anti-corruption.
Persuadée que l’Ukraine sera très attendue sur la « qualité de la justice » rendue dans le pays, Mme Stefanichyna agira pour parvenir à faire « changer les perceptions » quant à la corruption dans son pays.
Mais elle a aussi souligné les défis que rencontre l'Ukraine. « En ce qui concerne les réformes et le renforcement des capacités de l'administration ukrainienne, dans une certaine mesure, le fait de fonctionner sous la loi martiale accroît la pression interne pour obtenir des résultats », a-t-elle observé.
En termes de méthode, elle a aussi rappelé la création d’une « plateforme européenne qui réunit des entreprises ukrainiennes et européennes, mais aussi des groupes de réflexion et des experts ukrainiens, afin que nous puissions demander conseil et nous consulter de manière très opérationnelle sur toutes les questions qui se posent ».
Et Kiev compte aussi, ici, sur le soutien opérationnel de la Commission européenne. (Solenn Paulic)