La ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, s’est employée, jeudi 10 octobre à Luxembourg, à rassurer ses partenaires sur les nouvelles mesures de contrôles à toutes les frontières terrestres, décidées dans la foulée de l’attaque de Solingen en août et destinées à réguler les arrivées de migrants irréguliers.
Se disant en contact étroit avec tous ses collègues, la ministre a voulu « profiter de l'occasion pour continuer à parler ensemble du renforcement de la sécurité intérieure, mais aussi de la répression de l'immigration irrégulière ».
« Nous voulons continuer à repousser l'immigration irrégulière, arrêter les passeurs, mais aussi mettre un terme aux agissements des criminels et détecter les islamistes à un stade précoce », a-t-elle dit alors que les ministres de l’UE et des pays associés étaient réunis dans la matinée en ‘Conseil Schengen’.
« Telles sont les raisons de nos contrôles aux frontières. Cet objectif nous unit naturellement à de nombreux États membres. Ils savent que d'autres États voisins ont également rétabli des contrôles aux frontières. Nous continuons à le faire, en étroite coordination avec nos voisins et nous devrons maintenir les contrôles aux frontières en Allemagne jusqu'à ce que nous ayons trouvé des solutions européennes pour renforcer la protection de la frontière extérieure », a également commenté la ministre.
L’Allemagne a aussi abordé, jeudi, la question de l’application des règles actuelles de Dublin, notamment le non-respect par certains pays des règles sur les transferts vers le premier pays d’arrivée.
Roumanie et Bulgarie, de nouvelles discussions. Les ministres de l’Intérieur ont aussi évoqué la question de l’intégration entière de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen, la commissaire européenne Ylva Johansson ayant souhaité que cette adhésion intégrale ait encore lieu pendant son mandat et s'étant à nouveau dite « très optimiste ».
Aucune décision n’a été prise jeudi, mais des discussions entre l'Autriche et les deux pays seraient en cours. Le point sera inscrit à l'ordre du jour du Conseil de décembre, a aussi indiqué le ministre hongrois, Sándor Pintér, jugeant « les discussions de bon augure pour l'avenir », basées notamment sur les progrès réalisés par les deux pays dans la gestion des frontières extérieures.
Interrogé sur le sujet, le ministre autrichien, Gerhard Karner, a estimé « que nous sommes sur la bonne voie », mais « pas encore au bout du chemin ». Son pays a bloqué jusqu’ici l’adhésion définitive des deux pays. (Solenn Paulic)