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Bulletin Quotidien Europe N° 13501
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Droits fondamentaux

Face à la montée des discriminations religieuses, les eurodéputés appellent à des mesures urgentes

Les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg ont débattu, jeudi 10 octobre, de l'augmentation inquiétante de l’intolérance religieuse en Europe. Si le phénomène touche plusieurs confessions, les communautés juive et musulmane se trouvent être les plus concernées. Et pour cause : depuis les attaques terroristes du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l'escalade de la violence au Proche-Orient se reflète dans celle des discours de haine en Europe. 

Le vice-président de la Commission chargé de la promotion du Mode de vie européen, Margarítis Schinás, qui a initié les discussions, a rappelé l’engagement de l’Union européenne face à ce constat. L'UE œuvre contre toute forme de discrimination, s'attelant ainsi à préserver les libertés fondamentales, notamment la liberté religieuse protégée par l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Aussi, M. Schinás a-t-il pointé du doigt la recrudescence des actes antisémites, qui atteignent « des niveaux sans précédent depuis la fondation de l’Union », sans manquer de s'inquiéter « de voir la haine anti-musulmane de plus en plus présente dans les médias et dans les débats politiques publics ». 

Une série de mesures, telles que l'adoption d'une communication intitulée 'Pas de place pour la haine' en décembre dernier et la stratégie de lutte contre l'antisémitisme de 2021, doivent se doubler d'une réponse collective pour renforcer la législation contre les discours et crimes de haine. 

La collaboration avec les plateformes en ligne et la récente loi sur les services numériques ont également été mentionnées comme autant de leviers qui viendraient endiguer des propos dont la diffusion virale se confirme en ligne. 

Les propos de M. Schinás, qui estime que la proscription de l'instrumentalisation religieuse doit aller de pair avec un dialogue interreligieux et interculturel renforcé, a trouvé un écho auprès de plusieurs eurodéputés. Au cours des échanges, un consensus s'est dégagé sur la nécessité d'agir rapidement.

Ana Catarina Mendes (S&D) a appelé à « protéger la liberté religieuse dans toute sa diversité » et à promouvoir le dialogue interreligieux comme un moyen d'intégrer les réfugiés et les migrants. Elle a déploré, tout comme Abir Al-Sahlani (Renew Europe, suédoise), la tendance de certains groupes à instrumentaliser ces questions pour alimenter des discours politiques hostiles à l'immigration.

Selon Mme Al-Sahlani, il est essentiel que l'UE ne se contente pas de lois, mais prenne des mesures plus fermes contre ceux qui utilisent leur position pour attiser la haine religieuse.

Javier Zarzalejos (PPE, espagnol) a rappelé que la liberté religieuse est un droit humain fondamental. Citant des chiffres de l’Agence des droits fondamentaux (96% des juifs en Europe ont été confrontés à des actes antisémites), il a appelé à une action urgente.

Toutefois, certaines interventions, notamment celle de Marieke Ehlers (PfE, néerlandaise), ont suscité de plus vives réactions. Mme Ehlers a souligné que la radicalisation islamiste était, selon elle, une des principales sources de violence religieuse, un argument critiqué par plusieurs députés pour sa vision partiale. Mounir Satouri (Verts/ALE, français) a appelé à ne pas stigmatiser une seule religion et a critiqué les discours qui opposent les communautés religieuses. Il a rappelé que « le racisme et la discrimination religieuse (...) sont des délits, et non des opinions ». (Nithya Paquiry)

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