Dans une communication publiée mercredi 2 octobre, la Commission européenne clarifie sa stratégie en matière de partenariats internationaux. Trois ans après le lancement de son plan d’investissement 'Global Gateway' (EUROPE 12844/7), elle confirme le remaniement de son modèle de coopération au développement, afin de répondre à l'évolution du paysage géopolitique et économique mondial.
Avec l’adoption de la méthode 'Team Europe', née de la réponse urgente à la pandémie de Covid-19 et associant le secteur privé au financement des projets de développement (EUROPE 12709/28), l'UE a amorcé un changement de paradigme entre 2019 et 2024. « Si les fondements conceptuels et pratiques ont été posés, il reste encore beaucoup à faire pour exploiter pleinement le potentiel du secteur privé », précise toutefois la Commission dans sa communication.
Avec la « résilience » comme maître-mot, la Commission souhaite établir des partenariats internationaux aux bénéfices mutuels avec les pays du Sud. « 'Global Gateway' incarne ce changement de paradigme vers des partenariats d'égal à égal, répondant à un double impératif: renforcer la résilience, tant à l'étranger qu'en Europe », indique la Commission.
« Nous avons constaté que nos pays partenaires du Sud ne souhaitent plus être considérés comme de simples récipiendaires d'aide. Par ailleurs, les défis auxquels nous faisons face sont partagés et nos intérêts sont communs », a déclaré mercredi la Commissaire européenne aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, lors d’une conférence de presse.
Selon la Commission, la stratégie 'Global Gateway' devrait mobiliser jusqu'à 300 milliards d'euros d'investissements publics et privés « durables » d'ici 2027.
Entre 2021 et 2023, 179 milliards d'euros d'investissements ont été mobilisés dans les pays partenaires, permettant d’avancer sur 225 projets clés. Sur ce montant, 50 milliards d'euros ont été engagés par la Commission via le 'Fonds européen pour le développement durable Plus' (EFSD+), tandis que 129 milliards d'euros provenaient des États membres de l'UE, de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Projets phares. Les investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures, comme les installations d'hydrogène 'vert' en Namibie, visent à soutenir la transition climatique mondiale. Dans le domaine numérique, des initiatives telles que le programme Copernicus aux Philippines ambitionnent d'améliorer la gestion des risques et la connectivité.
L'UE développe également des corridors de transport stratégique pour renforcer les routes commerciales entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Dans le secteur de la santé, 'Team Europe' met l’accent sur l'accès aux vaccins en Afrique (EUROPE 13493/6), tandis que des investissements accrus dans l'éducation visent à combler le déficit d'enseignants sur le continent d'ici 2030.
Nouvelle politique économique extérieure. En « modernisant » son modèle de coopération au développement, la Commission européenne entend contribuer plus efficacement à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies.
En outre, elle estime que « l'UE s'est positionnée en tant que championne mondiale de l'éducation, de la jeunesse et de la lutte contre les inégalités, a déployé une nouvelle approche de la gestion des migrations et a adapté son engagement dans les contextes fragiles ».
Et la Commission de conclure qu'elle dispose désormais « d'une base solide pour porter les partenariats internationaux de l'UE à un niveau supérieur, dans le cadre d'une nouvelle politique économique extérieure ».
Voir la communication de la Commission européenne : https://aeur.eu/f/do8 (Bernard Denuit)