La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, sont convenus, mercredi 2 octobre à Bruxelles, « de renforcer les relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne », selon un communiqué commun publié après la rencontre, et d'explorer les possibilités d'une coopération accrue.
Ils se sont mis d'accord sur les défis communs auxquels sont confrontées les deux parties, comme la guerre en Ukraine, et ont reconnu qu'ils devaient continuer « à travailler en étroite collaboration pour relever les défis mondiaux plus vastes, notamment les vents contraires économiques, la concurrence géopolitique, les migrations irrégulières, le changement climatique et les prix de l'énergie ».
Ils ont aussi réaffirmé « que l'accord de retrait, y compris le cadre de Windsor, et l'accord de commerce et de coopération sont à la base de leurs relations ». Le communiqué souligne encore « leur engagement mutuel en faveur de la mise en œuvre intégrale et fidèle de ces accords ».
Ils devront ainsi « faire avancer ce programme de coopération renforcée à un rythme soutenu au cours des prochains mois, en commençant par définir ensemble les domaines dans lesquels une coopération renforcée serait mutuellement bénéfique, tels que l'économie, l'énergie, la sécurité et la résilience, dans le plein respect de leurs procédures internes et de leurs prérogatives institutionnelles ». Ils devraient se rencontrer à nouveau cet automne et un premier sommet UE/Royaume-Uni « devrait avoir lieu idéalement au début de l'année 2025 ».
Ursula von der Leyen a dit vouloir « explorer les possibilités d'une coopération accrue, tout en veillant à faire respecter l’application des accords existants », lors d’une brève présentation devant la presse, avant sa discussion avec M. Starmer.
Le Premier ministre britannique, de son côté, s'est dit « fermement convaincu que le public britannique souhaite revenir à un leadership pragmatique et sensé lorsqu'il s'agit de traiter avec nos voisins les plus proches » pour faire en sorte « « que le Brexit fonctionne » et agisse « dans leur intérêt » pour « stimuler la croissance économique, renforcer notre sécurité et relever des défis communs tels que la migration irrégulière et le changement climatique ».
Les deux dirigeants s’étaient déjà entretenus la semaine dernière à New York à l’Assemblée générale des Nations Unies, et avaient acté cette rencontre à Bruxelles pour renforcer les liens, que ce soit pour la mobilité des jeunes (le pays participe à Horizon Europe, mais pas à Erasmus), les affaires internationales ou la migration.
Selon le Financial Times, les discussions pouvaient aussi porter sur une nouvelle migration de travail, même si Keir Starmer exclut de revenir à une liberté de circulation entre les deux blocs.
L’UE et le Royaume-Uni se sont quittés fin 2020 avec des relations encadrées par l’accord de coopération et de commerce, l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE (qui gère notamment la question des permis de résidence et du maintien des droits des ressortissants européens au Royaume-Uni et britanniques dans l’UE) et le cadre dit 'de Windsor', qui organise la fluidité des échanges en Irlande du Nord, à la fois avec la Grande-Bretagne et la République d’Irlande.
Sans revenir sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE ni demander un accès nouveau au marché unique, le dirigeant britannique demande d'explorer de nouvelles voies de coopération.
Les États membres ont salué, lors d'un échange de vues, lundi 30 septembre, le nouveau ton du gouvernement britannique à l'encontre de l'UE, mais ont souhaité rester associés de près à tout nouveau projet de coopération. Ils ont aussi rappelé que la mise en œuvre des accords existants reste un préalable.
Les États membres ont trouvé un consensus sur le fait de ne pas rouvrir ces accords, mais estiment en effet que certains points mériteraient une discussion pour des relations plus positives avec le Royaume-Uni.
Pour les pays côtiers, cela passe par la question de la pêche et de l’accès aux eaux britanniques. Certains pays, comme la France, sont aussi sensibles à de nouvelles solutions sur la question migratoire.
La présidente a rappelé que les positions des deux parties sont déjà alignées sur un grand nombre de sujets. « Il est clair qu'en ces temps très incertains, des partenaires aux vues similaires comme nous doivent coopérer plus étroitement », a dit Mme von der Leyen.
« Dans la guerre en cours en Ukraine, nous travaillons de plus en plus étroitement avec nos alliés. En ces temps dangereux, nous avons le devoir de travailler ensemble pour préserver la stabilité et la sécurité », a aussi commenté le dirigeant britannique, qui devait aussi rencontrer le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. « Nous sommes déterminés à remettre cette relation sur une voie stable et positive », a-t-il ajouté. (Solenn Paulic)