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Bulletin Quotidien Europe N° 13495
POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ

L'aide de l’UE aux systèmes de santé de pays tiers souffre d’une mauvaise coordination sur le terrain, d’après la Cour des comptes européenne

La méthode d’allocation de l’aide européenne aux systèmes de santé des pays partenaires présente des déficiences et l’efficacité des projets financés peut pâtir d’une mauvaise coordination et d’une durabilité chancelante, selon un rapport d’audit publié mercredi 2 octobre par la Cour des comptes européenne.

L'Union européenne contribue au financement des systèmes de santé de ses pays partenaires par l’intermédiaire de programmes bilatéraux et régionaux et d’initiatives mondiales pour la santé. Ce soutien s’élevait à plus de 3 milliards d’euros au cours des deux précédentes périodes de programmation (2007-2013 et 2014-2020), et il s’établissait, début 2024, à plus de 2 milliards d’euros pour la période actuelle (2021-2027).

La Cour a examiné un échantillon de projets dans différents pays partenaires (le Burundi, la République démocratique du Congo et le Zimbabwe). Ces projets concernaient la gratuité des soins de santé, l’organisation de formations pour les professionnels de la santé, la fourniture de médicaments et de matériel et la reconstruction de centres de santé.

Des étagères vides. « Nous avons constaté que les différentes interventions financées par l’UE dans le domaine de la santé répondaient aux besoins des pays. Toutefois, une coordination insuffisante au niveau des districts a créé des défaillances dans la distribution de matériel et de médicaments », peut-on lire dans le rapport. Exemples : des étagères vides dans les dispensaires ou du matériel sous-utilisé parce que fourni en excès lors d’interventions non concertées. Dans certains cas, malgré les investissements de plusieurs bailleurs de fonds, les médicaments et les vaccins n’étaient disponibles qu’en petites quantités et des articles de première nécessité restaient en rupture de stock pendant des mois.

Coûts de gestion élevés. En outre, la cascade d’acteurs intervenant dans la réalisation des projets a eu des répercussions sur le coût des interventions dans le secteur de la santé et s’est traduite par une augmentation des coûts de mise en œuvre. En effet, les coûts de gestion étaient parfois presque deux fois plus élevés que le montant alloué à des interventions sanitaires, notamment dans des domaines tels que la santé maternelle et infantile ou la nutrition.

En ce qui concerne l’aide bilatérale, le partage des résultats avec les délégations de l’UE dans les pays concernés « laisse à désirer » et les données collectées par les responsables de la mise en œuvre des projets à des fins d’établissement de rapports n’étaient parfois pas communiquées.

La Commission a participé à la gouvernance des initiatives mondiales pour la santé afin d’optimiser la cohérence de celles-ci et, ainsi, de mettre un terme à leur fragmentation. Il faudra toutefois faire davantage pour atteindre ces objectifs et rationaliser l’approche internationale des défis mondiaux en matière de santé, estiment les auteurs du rapport.

La durabilité des projets et des programmes dans le secteur de la santé est menacée par l’absence de stratégies claires de transition et de sortie ainsi que par le défaut de maintenance du matériel.

La Commission est dès lors invitée à « mieux aligner l’allocation des fonds dans le domaine de la santé sur les besoins des pays » et à fixer des critères clairs pour le financement des initiatives mondiales pour la santé.

Voir le rapport de la Cour des comptes : https://aeur.eu/f/dog  (Lionel Changeur)

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