La commission des budgets (BUDG) du Parlement européen, réunie mercredi 4 septembre, a débattu du projet de budget 2025 élaboré par la Commission européenne et de la position du Conseil de l'UE, adoptée par le Coreper le 17 juillet 2024 (EUROPE 13455/8).
Le Conseil souhaite réduire de 1 519,9 millions d'euros les engagements et de 875,6 millions d'euros les paiements pour les rubriques du Cadre financier pluriannuel (CFP), ce qui lui a valu une opposition presque unanime, soutenue par les rapporteurs fictifs des différents groupes politiques, lors de la réunion.
« Il sera difficile de se mettre d’accord avec le Conseil », a prévenu Victor Negrescu (S&D, roumain), selon lequel cette discussion « ne relèvera pas du parcours de santé ». Du PPE à La Gauche, en passant par la Commission européenne, il a été estimé que les coupes budgétaires proposées par le Conseil étaient trop radicales. « Nous ne trouvons pas que les amendements du Conseil soient justifiés », a ainsi déclaré Lenka Filipkova, qui représentait la Commission européenne.
Les eurodéputés s'inquiètent des conséquences des réductions, dans le budget de l'année prochaine, des dotations de programmes de financement importants. La Commission compte rédiger une lettre dans laquelle seraient incluses les propositions du Parlement. Le Polonais Andrzej Halicki, rapporteur fictif pour le PPE, a mentionné l'impact des coupes sur le programme Erasmus + (180 millions d'euros en moins), le programme 'Citoyens, égalité, droits et valeurs' et EU4Health. Défendre ces financements sera d'autant plus important, selon M.Halicki, que les eurodéputés « se sont battus pour ces programmes au Parlement européen ».
Ces coupes ne seraient même « pas nécessaires, dans la mesure où la Commission européenne estime que les marges sont suffisantes », a déclaré de son côté Jean-Marc Germain (S&D, français). Rapporteur pour La Gauche, le Grec Nikolaos Farantouris a suggéré « d’utiliser les fonds propres pour financer tout ce qui est prévu ».
Le Parlement européen soutient la mise en œuvre du mécanisme de cascade, qui sera utilisé pour la première fois avec le budget 2025 et qui doit permettre de payer les intérêts au titre de Next Generation EU (EUROPE 13435/5). Mais ce mécanisme ne « doit pas entraîner de coupes dans des programmes qui se portent très bien », a estimé Rasmus Nordqvist (Verts/ALE, danois). Selon lui, le Conseil ne respecte pas l'accord. « Le vrai problème », selon Victor Negrescu, se situe bel et bien dans les coûts de l'emprunt qui finance le remboursement de Next Generation EU, l'instrument post-pandémie de l'UE. La « réalité des taux d'intérêt » fait que la somme que doit rembourser l'UE a « pratiquement doublé », a rappelé M. Negrescu.
L’adoption de la position du Parlement européen est prévue lors de la deuxième session plénière, en octobre. (Florent Servia)