Lors de sa première réunion de ce nouveau cycle législatif, mercredi 4 septembre, la commission de la culture et de l’éducation (CULT) du Parlement européen a lancé les discussions sur les priorités culturelles de l'Union européenne pour la période 2024-2029. Les représentants de la Commission européenne, Pia Ahrenkilde Hansen, directrice générale pour l’éducation et la culture, et Roberto Viola, directeur général pour les réseaux de communication, le contenu et la technologie, ont présenté les grandes orientations pour la prochaine législature.
Pia Ahrenkilde Hansen a salué les réussites de programmes comme Erasmus+ et Europe créative, mais a souligné l’impact de crises récentes, telles que la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. « L'éducation est désormais au cœur de notre ambition pour l’Europe », a-t-elle affirmé.
Elle a appelé, à la lumière de ces crises, à un soutien accru pour la mobilité éducative et les compétences numériques.
Selon elle, ces priorités sont centrales pour rendre l'Union plus compétitive et résiliente face aux défis mondiaux.
Roberto Viola a rappelé l’importance de protéger la liberté des médias en Europe, expliquant notamment que la croissance des plateformes numériques menace parfois le journalisme professionnel.
Il a présenté la nouvelle législation sur la liberté des médias, qui, selon lui, permettra de « garantir un environnement libre et pluraliste pour les créateurs de contenus ».
Les eurodéputés ont réagi en soulevant plusieurs problématiques, notamment concernant le financement et la mise en œuvre de ces programmes. Hannes Heide (S&D, autrichien) a averti que « nous manquons constamment de financements pour des programmes aussi cruciaux qu’Erasmus + », rappelant l'importance d'allouer des ressources supplémentaires pour garantir l'inclusion de plus de jeunes.
L'eurodéputé Zoltán Tarr (PPE, hongrois) a demandé comment l'UE agissait pour éviter une fuite des talents pour trouver de meilleures opportunités ailleurs.
Pia Ahrenkilde Hansen a reconnu la complexité du problème, expliquant que la Commission vise à encourager la mobilité équilibrée, non pas la fuite, en offrant davantage de possibilités de carrière et de recherche au sein de l'UE.
Elle a souligné que les programmes comme Erasmus+ ainsi que des initiatives pour favoriser l’innovation locale sont des leviers pour inciter les jeunes diplômés à rester dans l'UE.
L'eurodéputé Sandro Ruotolo (S&D, italien), de son côté, a souligné le rôle central du sport dans l’inclusion sociale, en mentionnant l'exemple de quartiers en Italie où le sport aide à détourner les jeunes de la criminalité. Selon lui, « le sport et la culture ne sont pas de simples loisirs, mais des outils essentiels pour l'inclusion et la cohésion sociale ».
Le débat a été nourri par la présentation du rapport de la Direction générale des politiques internes de l’Union européenne (DG IPOL) (EUROPE 13468/9), rédigé en partie par Isabelle De Voldere, Sylvia Amann et Heritiana Ranaivoson, qui étaient présentes. Ce rapport analyse les actions culturelles passées de l’UE et souligne que, malgré les progrès, la culture et les secteurs créatifs sont encore mal soutenus.
Il évoque les problèmes de financement à court terme et des conditions de travail précaires pour les professionnels de la culture et appelle à intégrer pleinement les secteurs créatifs dans les stratégies européennes pour les transitions verte et numérique. (Nithya Paquiry)