Pour Teresa Ribera, actuelle ministre espagnole de la Transition écologique ainsi que commissaire désignée par son pays, pressentie pour se charger de l’agenda vert de l’Union, l’investissement massif dans les réseaux électriques est jugé primordial pour une Europe « propre et puissante ».
S’exprimant dans le cadre d’un panel consacré au financement des réseaux électriques, lors de la réunion annuelle de rentrée du centre de réflexion Bruegel, mercredi 4 septembre, Mme Ribera a reconnu la modernité des réseaux européens par rapport à ceux d'autres régions du monde, mais a appelé à « presque doubler la capacité à investir dans nos réseaux sur une courte période » afin d’assurer la transition énergétique de l’UE.
Ces investissements sont effectivement jugés de plus en plus pressants pour répondre aux besoins d’électrification de l’UE, mais également pour finaliser le marché unique et pour favoriser les échanges transfrontaliers.
Elle a expliqué à ce propos qu’il fallait pouvoir compter sur la volonté du secteur public et du secteur privé pour débloquer ces investissements, mais que, dans le même temps, « les aspects procéduraux et administratifs devaient être accélérés ».
De plus, la ministre a demandé de tenir compte des prérequis environnementaux et d'envoyer les signaux d’investissement adéquats, en mettant l'accent sur la réduction des risques.
Priorité de la future Présidence polonaise. Également invité au panel, Krzysztof Bolesta, secrétaire d’État polonais pour le Climat et l’Environnement, a lui aussi souligné l’urgence d'investir dans les réseaux. Ce point fera d’ailleurs partie des futures priorités de la Présidence polonaise du Conseil de l’UE, qui démarrera le 1er janvier 2025.
Il a ainsi demandé de garder à l’esprit un coût d’investissement estimé à 600 milliards d’euros d’ici 2030 et a rappelé l’importance de mobiliser de l’argent public afin de maintenir ce coût à un niveau abordable pour les consommateurs.
« Bien sûr, nous devons avoir tous les investisseurs privés que nous pouvons avoir, mais une composante très importante sera l’argent provenant de l’État », a-t-il déclaré.
Sur ce point, il a indiqué que son pays initiera les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 afin de sécuriser les ressources européennes nécessaires pour l’investissement dans les réseaux. Selon lui, les fonds du programme Connecting Europe Facility (CEF) doivent être massivement renforcés.
Il s’est également dit confiant quant à une synchronisation « réussie » de la région de la Baltique avec le réseau continental européen (EUROPE 13455/12), qui aura lieu au cours du mandat de la Présidence polonaise. (Pauline Denys)