La Cour des comptes de l’UE a estimé, mercredi 4 septembre, que, dans les limites de leurs compétences et de leurs capacités respectives, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) « ont généralement bien géré leur réaction à la crise de la Covid-19 ».
« Des améliorations restent toutefois possibles dans des domaines spécifiques », peut-on lire dans les conclusions du rapport de la Cour sur la réaction de l’UE face à la pandémie.
La Commission et les agences mettent actuellement en œuvre les enseignements tirés de la pandémie, mais il est trop tôt pour dire si cela sera suffisant pour préparer correctement ces dernières aux futures urgences de santé publique, selon les auditeurs.
La Cour des comptes a constaté que l’ECDC et l’EMA avaient tous deux élaboré des plans d’urgence de santé publique détaillés, mais qu’en vertu du cadre juridique et financier applicable, ceux-ci n’abordaient pas la question du renforcement des capacités en cas de pandémie grave et prolongée.
Des lacunes relevées. Dans les semaines qui ont suivi le signalement, par la Chine, des premiers cas du nouveau coronavirus, « l’ECDC a sous-estimé la gravité de la situation », selon le rapport. Se fondant sur de nouveaux éléments probants disponibles, le Centre a ultérieurement revu son appréciation. Les orientations et l’assistance fournies aux États membres ne l’ont pas toujours été en temps utile.
L’ECDC a effectivement commencé à collecter des données sur la pandémie, mais le nombre d’infections signalées dépendait fortement des stratégies de dépistage des différents États membres. C’était aussi le cas de l’attribution ou non des décès à la Covid-19. D’après les auditeurs de la Cour, des techniques plus fiables, telles que l’analyse des concentrations de virus dans les eaux usées, auraient pu être davantage utilisées.
Avec le soutien de la Commission, l’EMA a mis à profit la souplesse réglementaire pour accélérer la procédure d’évaluation des vaccins et des traitements contre la Covid-19. L’EMA a également renforcé sa surveillance des médicaments contre la Covid-19 et a agi rapidement lorsque d’importants effets secondaires potentiels ont été découverts. « Toutefois, ses efforts visant à promouvoir de manière proactive des essais cliniques plus vastes au niveau de l’UE ont été moins fructueux », selon les auditeurs.
La Commission a adopté une série de décisions qui ont comblé certaines lacunes dans la capacité de l’UE à réagir aux urgences sanitaires. La création d’une nouvelle direction générale de la Commission (l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire, l’HERA), dont les responsabilités chevauchent en partie celles de l’ECDC et de l’EMA, nécessite une coordination accrue. (Lionel Changeur)