La Commission européenne a dressé, mercredi 4 septembre, en commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen, l’état des lieux de sa politique énergétique et la ligne de conduite générale attendue pour la nouvelle mandature, qui s’inscrira notamment dans la mise en place d’un pacte industriel propre (‘Clean Industrial Deal’).
« Nous devons nous appuyer sur ce qui a été mis en place », a déclaré la directrice générale de la DG ENER au sein de la Commission européenne, Ditte Juul Jørgensen, citant l’Acte pour une industrie 'zéro émission nette' ('net zero'), l’Acte sur les matières premières critiques, la réforme du marché de l’électricité ou encore les plans d’action sur l’énergie éolienne et les réseaux.
Elle a également appelé à la finalisation d’une réelle Union de l’énergie permettant de renforcer la coopération sur le plan énergétique au sein de l’UE.
Prix abordables de l'énergie. La directrice générale de la DG ENER a notamment jugé essentiel de concentrer les efforts sur « une planification commune, des investissements anticipés, une meilleure clarté quant à l'infrastructure et l'interconnexion » dans le cadre de l’accord à venir sur le 'Pacte pour une industrie propre'.
Répondant aux inquiétudes de plusieurs eurodéputés de la commission ITRE concernant la compétitivité de l’industrie européenne face aux concurrents américains et chinois, elle a rappelé que la garantie de prix abordables de l’énergie sera un point d’attention majeur au cours du nouveau mandat de la Commission européenne.
Elle a également rappelé la position de la Commission sur la production domestique d'énergie nucléaire en tant que « partie importante du système énergétique » pour contribuer à la sécurité d'approvisionnement et à la compétitivité.
Dépendance énergétique de la Russie. Alors que l’UE a atteint l’objectif de remplissage de 90% des capacités de stockage de gaz en août (EUROPE 13468/3), une autre source d’inquiétude de la Commission européenne est la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Ukraine, victime d’attaques répétées de la Russie sur ses infrastructures énergétiques.
Anticipant les questions des eurodéputés sur la dépendance encore existante de l’UE vis-à-vis de l’énergie fossile russe, Mme Jørgensen a souligné que des progrès avaient été réalisés, notamment pour le gaz, en faisant appel à des fournisseurs jugés fiables, tels que la Norvège et les États-Unis.
« Nous sommes passés d'une dépendance de plus de 45% à l'égard du gaz russe à une dépendance de moins de 15%, y compris pour le GNL qui arrive encore de Russie. Mais là encore, il s'agit d'une réduction très significative et d'une part faible de la Russie dans nos approvisionnements en gaz fossile », a-t-elle déclaré.
Suivi du cadre législatif existant. Par ailleurs, Mme Jørgensen a expliqué que la Commission travaillait en étroite collaboration avec les États membres pour mettre en œuvre le cadre législatif existant, encourageant notamment ces derniers à soumettre au plus vite leur plan national Énergie-Climat (PNEC), dont l’échéance était fixée au 30 juin (EUROPE 13464/5).
Sur ce point, la directrice générale a indiqué que la Commission était en train de finaliser une évaluation du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie, au sein duquel s’inscrit la mise en place des PNEC.
Elle a également révélé que le travail avait repris sur la mise en place d’un plan d’action pour les pompes à chaleur.
La lettre de mission du futur ou de la future commissaire à l’Énergie précisera davantage ces priorités. À l’heure actuelle, Jozef Síkela, ministre tchèque de l’Industrie, est le candidat pressenti pour reprendre le portefeuille ‘Énergie’. La présidente de la Commission présentera l’ensemble des commissaires désignés le 11 septembre, avant les auditions parlementaires, fin septembre. (Pauline Denys)