Alors que, selon un projet de conclusions, l’UE doit « réduire ses dépendances stratégiques, accroître son état de préparation et ses capacités globales de défense et renforcer encore en conséquence sa base technologique et industrielle de défense », les dirigeants européens devraient discuter, jeudi 27 et vendredi 28 juin, à l’occasion de leur Conseil européen, des besoins « urgents, immédiats et à moyen terme » en matière de défense et des initiatives européennes dans ce domaine.
Ils devraient tenir une première discussion sur les possibilités de mobiliser des fonds pour la défense européenne.
Ainsi, selon un projet de conclusions daté du 25 juin et obtenu par Agence Europe, le Conseil européen devrait inviter la Commission et le Haut Représentant de l’UE à présenter les options de financement élaborées pour renforcer la base technologique et industrielle de défense et combler les lacunes critiques en matière de capacités.
Selon une source élyséenne, les options pourraient porter sur « de nouvelles ressources propres, la possibilité d'un emprunt, le recours et la mobilisation de la BEI ».
En mars déjà, le Conseil européen avait demandé au Conseil de l'UE et à la Commission d’étudier toutes les possibilités de mobilisation de fonds pour faciliter l'accès de l'industrie européenne de la défense aux financements publics et privés et à faire rapport d'ici juin (EUROPE 13375/5). Ce rapport aux Vingt-sept devrait être fait à l'oral.
Une source européenne a estimé qu'il ne fallait pas faire du respect des règles ESG (environnement, social et gouvernance) une règle d'or en matière de défense. « Les banques traitent la défense comme si c’était du porno ou du tabac », a-t-elle dénoncé.
Tout en reconnaissant que plusieurs délégations faisaient pression pour des investissements accrus, une source européenne a rappelé que la question du financement était toujours controversée dans l'UE. Selon un diplomate, si tous les États dépensaient 2% de leur PIB pour la défense, cela libérerait 62 billions d'euros supplémentaires pour la défense chaque année.
Les dirigeants devraient également appeler à la mise en œuvre rapide du plan d'action en matière de sécurité et de défense adopté par le Groupe de la Banque européenne d'investissement (EUROPE 13407/7). Ils devraient demander à la BEI d'évaluer et d'adapter davantage sa politique de prêt à l'industrie de défense, tout en préservant sa capacité de financement.
Le Conseil européen devrait, en outre, inviter le Conseil, les États membres, la Commission et le Haut Représentant à faire progresser les travaux, en particulier sur les lacunes critiques en matière de capacités, sur la base des conclusions de l'examen annuel coordonné de la défense (CARD), la stratégie européenne pour l'industrie de défense (EDIS) et la proposition d’un programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP), « en vue de son adoption d’ici mi-2025 ».
Voir le projet de conclusions du Conseil européen https://aeur.eu/f/ctk (Camille-Cerise Gessant et la rédaction)