La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui pourrait être renommée à ce poste par les dirigeants européens réunis à Bruxelles jeudi 27 et vendredi 28 juin, leur a adressé, le 26, un nouveau courrier sur les récents développements dans la politique d’asile et de migration européenne.
Alors que les Vingt-sept auront un court débat sur le sujet, elle retient notamment la possibilité de se pencher sur des solutions innovantes pour contrer l’immigration irrégulière, en particulier des solutions d’externalisation de l’asile, comme le lui avaient demandé quinze pays en mai (EUROPE 13411/3).
« L'accord sur le Pacte ne marque pas la fin de la réflexion sur les outils à notre disposition. De nombreux États membres envisagent des stratégies innovantes pour prévenir l'immigration irrégulière en traitant les demandes d'asile plus loin de la frontière extérieure de l'UE. Des réflexions sont en cours sur des idées qui mériteront certainement notre attention lors du prochain cycle institutionnel », écrit la présidente.
Elle indique aussi que des travaux seront menés, comme prévu, par le nouveau règlement sur les procédures d’asile (APR), sur de nouvelles coopérations avec les pays tiers sûrs.
« Nous pouvons travailler en amont sur les routes migratoires et explorer les moyens de développer davantage ces modèles. En nous inspirant de l'approche fondée sur les itinéraires, élaborée par le HCR et l'OIM, nous pouvons chercher à soutenir la mise en place de systèmes d'asile nationaux fonctionnels dans les pays partenaires, tout en renforçant notre coopération en matière de retours dans les pays d'origine, assortie de mesures de réintégration pour les personnes rapatriées ».
La Commission continuera à « soutenir ces réflexions, toujours dans le respect du droit international et consciente de la nécessité de travailler selon des modalités qui soient également acceptables pour nos partenaires et qui permettent de trouver des solutions durables pour les migrants eux-mêmes », ajoute la présidente.
Elle insiste aussi sur l’instrumentalisation de la migration, en particulier par la Russie à la frontière avec la Finlande, ou par la Biélorussie à la frontière avec la Pologne, la Lettonie et la Lituanie. « Nous devrons donc continuer à réfléchir au renforcement du cadre juridique de l'UE afin d'apporter une réponse appropriée, non seulement du point de vue des migrations, mais aussi du point de vue de la sécurité, conformément aux traités ».
La présidente revient essentiellement sur le ‘Pacte’ ou sur les différents accords avec les pays tiers, comme la Tunisie, la Mauritanie ou l’Égypte.
« Depuis le début de l'année, le nombre de franchissements illégaux des frontières de l'UE par la route de la Méditerranée centrale a diminué de 60 et de 72% par la route des Balkans occidentaux. Depuis le mois de mai, il n'y a pas eu de nouvelles arrivées de bateaux à Chypre. Tout cela montre que l'engagement constant et ciblé de Team Europe porte ses fruits », commente d’ailleurs la présidente.
« Dans le même temps, l'augmentation significative des arrivées sur la route de la Méditerranée occidentale et de l'Atlantique, ainsi que sur la route de la Méditerranée orientale, montre que nous ne devons jamais baisser la garde et que nous devons rester vigilants au cours des mois d'été à venir ».
Lien vers la lettre : https://aeur.eu/f/ctn (Solenn Paulic)