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Bulletin Quotidien Europe N° 13440
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CONSEIL DE L'EUROPE / Conseil de l'europe

Alain Berset, premier Suisse à accéder au poste de Secrétaire général du Conseil de l’Europe

Élu par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ce mardi 25 juin en fin de journée (EUROPE 13439/22), le socialiste Suisse Alain Berset succèdera à la Croate Marija Pejčinović Burić au poste de Secrétaire général du Conseil de l’Europe et prendra ses fonctions le 18 septembre prochain.

Arrivée au terme de son mandat de cinq ans, celle-ci avait annoncé ne pas se représenter le 10 janvier dernier, date ultime de dépôt des candidatures.

Et c’est ce qui explique l’annonce tardive d’Alain Berset ce même jour, précise Liliane Maury Pasquier, socialiste suisse, elle aussi, et ancienne présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

« La diplomatie suisse a pour tradition de ne jamais opposer de candidature à un candidat sortant ; si Madame Pejčinović Burić s’était déclarée, nous n’aurions présenté personne ».

Ils étaient donc trois candidats en lice : Alain Berset, qui a obtenu 114 voix (sur 245) dans un second tour où la majorité simple était requise, le socialiste estonien Indrek Saar, qui en a récolté 85, et le libéral belge Didier Reynders, commissaire européen à la Justice sortant, qui a rassemblé 46 suffrages.

Au premier tour, Alain Berset en avait recueilli 92, Indrek Saar 78 et Didier Reynders 70, ce qui ne dégageait pas pour le Suisse la majorité qualifiée requise.

L’échec est d’autant plus cuisant pour Didier Reynders qu’il s’agissait de son deuxième essai après une première tentative en 2019, où il avait dû s’incliner devant Marija Pejčinović Burić.

« Ses liens avec l’Union européenne ont pu jouer en sa défaveur », convient Liliane Maury Pasquier. « Il y a une forme de règle d’alternance non dite au Conseil de l’Europe entre pays membres et pays non membres. Des parlementaires plus attentifs à la spécificité du Conseil de l’Europe ont pu l’exprimer ». 

Belge, et qui plus est commissaire européen, Didier Reynders incarnait peut-être trop une Union européenne principale partenaire du Conseil de l’Europe, indispensable à son fonctionnement, mais crainte pour son aura.

Venu de Suisse, État non membre de l’UE, Alain Berset pouvait rassurer et sa candidature semble par ailleurs avoir été renforcée par l'accord sur la désignation de la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, au poste de Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'Union européenne.

Avec l'Estonie pourvue d'un top job, les pays d'Europe centrale et orientale disposaient d'une représentation au plus haut niveau et la candidature de l'ancien ministre de la Culture Indrek Saar en devenait moins essentielle.

Liliane Maury Pasquier dit d'Alain Berset qu’il « a gravi les échelons de la politique avec détermination », de conseiller du canton francophone de Fribourg à conseiller fédéral et président de la Confédération helvétique en 2018 et 2023.

« Son expérience lui permet de donner un coup de fil désagréable à un chef d’État », prévient l’ancienne présidente de l’Assemblée parlementaire, qui souligne aussi l’énergie avec laquelle il a géré la crise de la Covid-19 en tant que ministre de la Santé.

De l’énergie, il en aura besoin durant les cinq ans que durera son mandat à la direction d’un Conseil de l’Europe qui regroupe 46 États membres et compte 2 200 salariés.

Dans un monde où la démocratie, l’État de droit et les droits humains – valeurs fondatrices du Conseil de l’Europe - sont de plus en plus attaqués, « le chemin à venir n’est pas linéaire, il n’est pas facile, mais il est essentiel », a déclaré le nouveau Secrétaire général après son élection.

L’Ukraine restera la première de ses priorités et il a annoncé vouloir mettre en place un groupe de travail rassemblant notamment des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, du Comité des ministres et du Secrétariat général de l'organisation.

Il confirme vouloir compléter le Registre des dommages de la guerre en Ukraine mis en place par sa prédécesseure en créant un mécanisme de compensation et en œuvrant à la mise en place d’un tribunal contre le crime d’agression.

« Le plus dur vient maintenant », a-t-il dit en appelant à « un engagement au plus haut niveau de tous les États membres du Conseil de l’Europe », mais aussi à « un appui plus large pour Kiev au-delà du continent ».

Au rang de ses autres priorités, il a cité « la jeunesse, l’éducation et la lutte contre la désinformation ».

Lui reviendra aussi la charge d’incarner avec force le Conseil de l’Europe, d’en renforcer la cohésion et le poids dans un monde où, souligne Liliane Maury Pasquier, « la montée des nationalismes et l’affaiblissement du multilatéralisme représentent les plus grands des défis ». (Véronique Leblanc)

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