L'Union européenne condamne la décision « totalement infondée des autorités russes » d'interdire la diffusion de 81 médias européens sur son territoire, a déclaré le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, mercredi 26 juin.
Le ministère russe des Affaires étrangères avait diffusé, mardi 25 juin, la liste des 81 médias européens concernés. Agence Europe en est, mais aussi Le Monde, Libération, La Croix, Radio France, AFP, Der Spiegel, El Pais, El Mundo, La Repubblica, RAI ou Politico.
Cette décision fait figure de « représailles » après la décision adoptée par le Conseil de l’UE vendredi 17 mai de « suspendre les activités de radiodiffusion » de Voice of Europe, RIA, Izvestia et Rossiyskaya Gazeta, soit quatre médias décrits comme des « organes de désinformation et de propagande russes » (EUROPE 13417/8). RT et Sputnik avaient déjà été interdits par l’UE, en mars 2022.
La Russie « restreint davantage l’accès, déjà étroitement contrôlé, de la population russe à une information indépendante et libre », a déploré Peter Stano, le porte-parole pour les Affaires étrangères à la Commission européenne, en conférence de presse, mercredi 26 juin.
Josep Borrell ajoute que, contrairement aux médias russes interdits dans l’UE, « les médias européens interdits travaillent selon des principes et des normes journalistiques » et « fournissent des informations factuelles, y compris au public russe, notamment sur la guerre d’agression illégale de la Russie contre l’Ukraine ».
Si l'objectif initial était de réagir à ces interdictions par une déclaration au nom de l'UE, un blocage de la Hongrie a poussé le Haut Représentant de l'UE à réagir en son nom propre. (Florent Servia)