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Bulletin Quotidien Europe N° 13415
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Espace

Les membres de l’UE et de l’ESA plaident pour renforcer la compétitivité européenne grâce à l’espace

Le Conseil de l’UE a adopté, jeudi 23 mai, des conclusions portant sur le renforcement de la compétitivité de l'Europe grâce à l'espace. Un texte identique a été approuvé par le Conseil des membres de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Comme annoncé par Agence Europe (EUROPE 13413/15), le document souligne les contributions que l’espace apporte à la compétitivité européenne et aux moyens de relever les défis sociétaux, dont le 'Pacte vert', la transition numérique ou la compétitivité globale. Selon les membres de l’UE et de l’ESA, l’espace contribue à la croissance économique en générant des solutions, des applications système et des services innovants qui peuvent bénéficier à de nombreux autres secteurs grâce à une coopération plus intégrée entre les secteurs spatial et non spatial.

Dans le texte adopté, tout comme lors du débat organisé sur le sujet lors de la réunion conjointe UE/ESA, les pays participants soulignent la nécessité d'améliorer l'utilisation des données spatiales.

Le développement plus vigoureux du secteur spatial en sécurisant et en augmentant les investissements publics et privés est également mis en avant. Selon le secrétaire d’État belge Thomas Dermine, le financement de l’UE envers l’ESA comparativement aux États-Unis pour la NASA est de 1 à 3. « Du côté public, beaucoup plus d’argent est investi à l’étranger que dans l’UE (pour l’espace). On doit vivre avec, mais nous devons être compétitifs », a prévenu le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher.

Le commissaire européen Thierry Breton a estimé que l’insuffisance de financement était « un des problèmes majeurs ». « C’est une difficulté importante, structurelle, et sur laquelle il faut se pencher et apporter des solutions », a estimé M. Breton, plaidant pour un budget suffisant pour le futur programme spatial de l’Union. Selon lui, il faut aussi renforcer le rôle de client d’ancrage et faciliter l’accès des entreprises aux marchés publics. Un avis partagé par Anna Christmann, coordinatrice du gouvernement fédéral pour la politique aérospatiale allemande et assurant la présidence tournante de l'ESA. « Le financement public ne suffira pas (…). Il est très important d’attirer davantage d’investissements privés sur le sol européen. Une nouvelle manière de passer des marchés publics, en favorisant le client d’ancrage y contribue », a-t-elle expliqué à Agence Europe.

L'importance de procédures de passation de marchés publics ouvertes, équitables et transparentes, qui soutiennent le développement d'une industrie spatiale européenne diversifiée et innovante est soulignée dans les conclusions et par plusieurs délégations. De même, un bon cadre de gestion des risques ou la promotion de modèles de financement publics et privés pourraient avoir un impact positif sur tous les acteurs de l'écosystème spatial, y compris les petites et moyennes entreprises.

Le texte, tout comme de nombreuses délégations, souligne l’importance de profiter de l’effet multiplicateur des investissements dans la recherche et le développement spatial, de promouvoir un cadre commercial stable et prévisible et de développer les compétences nécessaires au sein de la main-d’œuvre du secteur.

Les conclusions précisent également le rôle important des pouvoirs publics pour garantir un accès rentable aux données pour les entreprises, tout en préservant la sécurité et la protection des données spatiales.

Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/ccm

Lors de leur Conseil, les ministres des États membres de l’UE ont également discuté de la future loi spatiale européenne, sur laquelle travaille la Commission européenne. Selon M. Dermine, les États membres souhaitent que cette législation tienne compte de la sécurité, de la résilience et de la durabilité. Il a ajouté qu'elle devrait prendre en compte les législations déjà existantes et appliquer le principe de proportionnalité afin de permettre à tous les types d’acteurs de participer, d’être compétitifs dans un vrai marché européen. 

Ariane 6. Par ailleurs, M. Aschbacher a annoncé, jeudi, que le premier lancement d’Ariane 6 devrait se tenir dans les deux premières semaines de juillet.

Euclid. Le même jour, la mission spatiale Euclid de l’ESA a dévoilé cinq nouvelles images de l’univers (EUROPE 13214/28). Elles accompagnent les premières données scientifiques de la mission, également rendues publiques le 22 mai, et 10 articles scientifiques à venir. Cela survient moins d’un an après le lancement du télescope spatial et environ six mois après que celui-ci a rendu ses premières images en couleur du cosmos. 

Astronautes. M. Aschbacher a annoncé, mercredi 22 mai que les astronautes de l'ESA, la Française Sophie Adenot et le Belge Raphaël Liégeois, avaient été désignés pour leurs premiers vols vers la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre de missions actuellement prévues pour 2026. Mme Adenot et M. Liégeois ont récemment achevé leur année de formation initiale. Au cours de leurs missions à bord de la Station spatiale, les astronautes de l’ESA effectueront de nombreuses expériences scientifiques, mèneront des activités de recherche médicale, contribueront à l’observation de la Terre et participeront aux tâches opérationnelles et de maintenance de la Station spatiale, a précisé l’ESA dans un communiqué.

Cargo. Mercredi 22 mai, l’ESA a annoncé que la société spatiale franco-allemande Exploration Company et la société franco-italienne Thales Alenia Space avaient remporté des contrats pour développer des services de retour de fret en orbite terrestre basse (cargo). Les véhicules de service devraient livrer des fournitures à la Station spatiale internationale d’ici 2030 et pourraient être utilisés pour toutes les futures stations spatiales, ou potentiellement modifiés pour envoyer un équipage dans l’espace. À Séville, en novembre, le Conseil de l’ESA avait décidé de lancer une compétition visant à stimuler la commercialisation de l'espace.

Charte 'Zéro débris'. Le même jour, 12 pays membres de l’ESA (l'Autriche, la Belgique, Chypre, l'Estonie, l'Allemagne, la Lituanie, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Suède et le Royaume-Uni) ont signé la Charte 'Zéro Débris' (EUROPE 13287/6).

« La signature de la Charte 'Zéro Débris' par douze nations européennes prouve que l’ESA est à l’avant-garde mondiale pour créer des normes concrètes, utiles et attractives en matière de durabilité de l’espace, celles-ci constitueront la base de réglementations et de législations européennes, voire mondiales », a souligné M. Aschbacher.

C'est la première fois que des pays adhèrent au niveau national à cette charte, dont l’objectif est d'arrêter la production de débris spatiaux d'ici 2030. L'ESA a également signé la Charte en tant qu'organisation internationale (OIG). Plus de 100 organisations ont promis qu'elles s'associeraient également à l'effort mené par la communauté spatiale dans les mois à venir.

Mission Vigil. Enfin, l’ESA a annoncé la signature d’un contrat avec Airbus UK pour la construction du vaisseau spatial de la nouvelle mission Vigil de l’ESA, qui protégera les infrastructures vitales sur Terre et dans l’espace en fournissant des alertes précoces en cas de tempête solaire. Le lancement est prévu en 2031.

En observant le Soleil depuis son point d'observation loin de la Terre, le vaisseau spatial détectera toute activité solaire potentiellement dangereuse avant de pouvoir le faire depuis le sol – et transmettra ces informations à la Terre en temps quasi réel. (Camille-Cerise Gessant)

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