Les ministres des Affaires étrangères allemand, français et polonais ont développé, mercredi 22 mai, dans une déclaration commune, leurs priorités pour l’action extérieure de l’UE au cours du prochain mandat européen pour une « UE forte et géopolitique ».
Celles-ci portent sur le renforcement de la sécurité et la défense européennes, celui de la cohérence de l’action extérieure de l’UE pour parler d’une seule voix et agir de manière unie et l'accroissement du rayonnement européen dans le monde.
Ainsi, les ministres plaident pour augmenter les ressources européennes, s’engageant à dépenser au moins 2% de leur PIB à la défense – la Pologne est déjà à près de 4%.
« Au niveau européen, nous attendons avec intérêt le rapport qui sera présenté au Conseil européen de juin et qui étudiera toutes les possibilités de mobilisation de financements. Nous devons allouer nos fonds de manière stratégique pour bâtir les forces et les capacités nécessaires à notre défense collective », ajoutent-ils.
Les trois pays demandent de remédier aux lacunes européennes sur le plan des capacités, précisant que les besoins les plus importants concernent les domaines de la défense aérienne, des capacités de combat terrestres, des systèmes de frappe de précision dans la profondeur, des drones, des capacités de commandement et de contrôle, des capacités logistiques et de mobilité, des stocks de munitions et des investissements dans des technologies d’avenir.
L’Allemagne, la France et la Pologne appellent aussi au renforcement des capacités industrielles, au développement ou encore à l’acquisition en commun des capacités européennes.
Les trois pays plaident en outre pour le renforcement de la lutte contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger et la résilience européenne. « Nous envisageons de créer un fonds commun consacré au financement de projets soutenant la résilience des médias à l’étranger », annoncent-ils.
L'Allemagne, la France et la Pologne promettent aussi un engagement européen à long terme en faveur de l’Ukraine et demandent que le succès du processus d’élargissement concernant l’Ukraine et la Moldavie soit garanti.
Le Triangle de Weimar plaide également pour le renforcement de la cohérence de l’action extérieure de l’UE. Selon eux, une approche 'Équipe Europe' devrait être adoptée entre les institutions de l’UE et les États membres pour veiller à la cohérence des actions et des messages.
Ils prévoient d’explorer l’idée d’une équipe 'sanctions intégrées' Service européen pour l'action extérieure/Commission agissant comme un point de contact unique de l’UE pour les sanctions, de réfléchir à la manière de renforcer le rôle du Haut Représentant/vice-président de la Commission pour accroître la cohérence et l’efficacité de l’action extérieure, de mettre en place un 'processus de réflexion de Weimar' sur les relations extérieures pour engager une discussion sur les réformes à plus long terme et de travailler à une approche de 'sécurité intégrée pour l’UE' en prenant davantage en compte le lien entre sécurité intérieure et extérieure dans l’action extérieure.
Enfin, pour accroître le rayonnement mondial de l’UE dans le monde, le Triangle propose notamment de traduire les partenariats internationaux en actions concrètes ou encore de rendre la communication stratégique de l’UE plus efficace.
Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/cc8 (Camille-Cerise Gessant)