La candidate tête de liste du 'Parti populaire européen' (PPE) aux élections européennes de juin, l'Allemande Ursula von der Leyen, n'a pas totalement exclu, lundi 29 avril, qu'en cas de reconduction à la tête de la Commission européenne, elle cherche à inclure des mouvements souverainistes appartenant actuellement au groupe conservateur CRE dans la majorité politique au Parlement européen qu'elle devra recueillir sur sa personne.
« Cela dépend vraiment de la composition du Parlement européen et de qui siégera au sein de ce groupe » politique, a déclaré Mme von der Leyen en réponse à une interpellation de l'écologiste néerlandais Bas Eickhout, lors d'un débat à Maastricht entre les 'Spitzenkandidaten' des partis européens, organisé par l'université locale et le média Politico.
Depuis sa nomination par le PPE début mars à Bucarest, Mme von der Leyen défend la ligne suivante : lors de la législature 2024-2029, les chrétiens-démocrates coopéreront uniquement avec les familles politiques qui se déclareront ouvertement pro-européennes, pro-Ukraine et pro-État de droit (EUROPE 13365/10).
Or, certains partis nationaux membres du 'Parti des conservateurs européens' (CRE) ont pu prendre leurs distances avec cette ligne politique. Au pouvoir jusqu'à récemment en Pologne, le parti PiS a plusieurs fois été épinglé par la Commission européenne en raison de ses réformes de la justice allant à l'encontre des principes de l'État de droit. En général, les partis souverainistes s'opposent à une réforme des traités européens, qu'ils qualifient de confiscation des pouvoirs nationaux au profit d'un super-État fédéral européen.
Lors du débat électoral, le candidat tête de liste du 'Parti socialiste européen' (PSE), le Luxembourgeois Nicolas Schmit, s'est dit « étonné » par les propos de Mme von der Leyen. « Les valeurs et les droits ne peuvent pas être divisés par certains arrangements politiques. Soit vous pouvez traiter avec l'extrême droite parce que vous avez besoin d'elle, soit vous dites clairement : 'Il n'y a pas d'accord possible parce qu'elle ne respecte pas les droits fondamentaux pour lesquels notre Commission s'est battue' », a-t-il affirmé.
M. Schmit a noté l'existence de gouvernements actuellement au pouvoir dans des États membres de l'UE, auxquels participent des partis souverainistes et qui reviennent sur certains droits fondamentaux, citant « l'égalité de genre et la liberté des médias ». (Mathieu Bion)