La Commission européenne dispose d'une « marge de discrétion » lorsqu'elle embauche des agents à titre temporaire, a indiqué le porte-parole en chef de l'institution de l'Union européenne, Eric Mamer, interrogé mardi 9 avril par la presse sur la nomination controversée du chrétien-démocrate allemand Markus Pieper au poste d'Envoyé spécial de l'UE pour les PME (EUROPE 13385/12).
Selon lui, une fois que des candidats à un poste interne ont été pré-sélectionnés, l'ordre de préférence suggéré à l'étape intermédiaire peut très bien évoluer au cours de la phase ultérieure, plus politique. « Les compteurs peuvent être remis à zéro » en cours de procédure, a souligné M. Mamer.
Le commissaire européen chargé du Budget et de l'Administration, Johannes Hahn, a tenté, par courrier, de répondre aux inquiétudes de quatre homologues sur la façon dont cette nomination s'est déroulée, notamment le manque de collégialité dans la prise de décision (EUROPE 13384/19).
La présidente, Ursula von der Leyen, « est bien sûr prête à ce que le Collège discute [mercredi 10 avril] des procédures de nominations des hauts fonctionnaires », a assuré M. Mamer.
Nommé fin janvier, M. Pieper, qui est issu du même parti que Mme von der Leyen, doit prendre ses fonctions mardi 16 avril pour une durée de quatre ans.
L'une des deux autres candidates présélectionnées, l'eurodéputée Martina Dlabajová (Renew Europe, tchèque), a déposé un recours non suspensif auprès de la Commission, qui doit encore être tranché. Questionné par Agence Europe, M. Mamer n'a pas souhaité dire ce qu'il se passera si le comité saisi accueille positivement le recours, estimant que la Commission se prononcerait en temps voulu
Le PPE est convaincu que M. Pieper est le candidat idoine au poste d'Envoyé de l'UE pour les PME et considère irrationnelles ces attaques venues de commissaires européens déjà en campagne. (Mathieu Bion)