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Bulletin Quotidien Europe N° 13387
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les ministres européens de l'Agriculture demandent une hausse de la production de protéines végétales dans l’UE

De nombreux ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont réclamé, mardi 9 avril à Genk, l’adoption d’une stratégie européenne ambitieuse pour doper la production de protéines végétales et réduire ainsi la dépendance à l’égard des importations.

La Présidence belge du Conseil de l’UE a organisé un débat, lors de la réunion informelle des ministres de l’UE, sur la production de protéines végétales dans l’UE. David Clarinval, le ministre belge, a souligné que l'UE importait trop de soja en provenance des États-Unis. Il faut mettre en place une stratégie de l'UE pour assurer l'autonomie en protéines, a-t-il plaidé.

Très à la pointe sur le sujet, Norbert Totschnig, le ministre autrichien, a estimé que l’UE devait veiller à ce que la sécurité d'approvisionnement en protéines végétales soit renforcée. « Nous devons réduire notre dépendance vis-à-vis des importations en provenance de pays tiers comme les États-Unis, le Brésil et l'Argentine, et pour cela, il est nécessaire d'élaborer une stratégie de travail européenne », a-t-il dit. Il a regretté que la Commission n'ait pas encore déposé de proposition sur la table.

« Il y a une recherche d’autonomie stratégique en matière de protéines végétales », a souligné Marc Fesneau, le ministre français, qui a regretté que l’Europe soit en retard en la matière. L’objectif est de doubler les surfaces en France et d’éviter que nous importions des protéines issues d’une agriculture pratiquant de la déforestation, a encore dit M. Fesneau. Il a dit espérer que la Commission « pourra déployer sa stratégie sur la question des protéines ».

Adam Nowak, du ministère polonais de l'Agriculture, a souhaité débattre des relations avec l’Ukraine dans le domaine des importations de protéines (soja) et du besoin de soutenir les sources d’énergie renouvelables (biocarburant, biodiesel).

Selon Cem Özdemir, le ministre allemand, « nous avons un problème massif de dépendance en ce qui concerne les protéines végétales ». L’UE doit donc, selon lui, renforcer son indépendance. L’Allemagne dispose d’une stratégie en matière de protéagineux, notamment en ce qui concerne le développement de l'agriculture biologique.

Luis Planas, le ministre espagnol, a suggéré d'augmenter le degré d'auto-approvisionnement de toutes les sources de protéines, en mettant l'accent sur celles qui font le plus défaut (tourteaux ou farine de soja), grâce à l'augmentation de la production communautaire. Il convient aussi, à ses yeux, de donner la priorité à la politique commerciale et à la négociation d'accords commerciaux visant l'accès à ces produits. Il est important, pour l'Espagne, de renforcer la consommation de légumineuses, conformément au régime méditerranéen, et de respecter les présentations et dénominations traditionnelles du secteur de la viande. M. Planas a également demandé que le Conseil trouve enfin une position sur l'utilisation des nouvelles techniques génomiques.

La Slovaquie a jugé important de procéder à un « étiquetage correct et complet des protéines végétales ».

D’autres pays ne réclament pas forcément de nouvelles initiatives, comme la Suède, pour qui il est « important de ne pas perturber le marché, par exemple en accordant un soutien disproportionné à des secteurs spécifiques ». Ce pays a souligné aussi que le développement de nouveaux types de protéines sur le marché devait s’accompagner du maintien des normes élevées de l’UE en matière de sécurité alimentaire.

Les ministres ont dit attendre avec impatience le prochain rapport de la Commission sur les protéines végétales.

« Nous devons augmenter notre production de protéines dans l'Union européenne », a reconnu le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski. Il a plaidé en faveur d'une approche stratégique pour produire des protéines. Il a dépeint sa vision de l'avenir de la politique agricole, « qui devrait aider les exploitations mixtes », qui ont les deux types de production (végétale et animale).

Simplification. L'Allemagne et l’Autriche ont encore déploré les tracasseries administratives découlant du règlement visant à lutter contre la déforestation. « Vingt États membres partagent l'avis de l'Autriche », a dit le ministre de ce pays. Selon Norbert Totschnig, le règlement a des répercussions sur la production de soja en Europe. L’UE importe chaque année environ 13,5 millions de tonnes de graines de soja et environ 15,1 millions de tonnes de tourteaux de soja, principalement en provenance des États-Unis, du Brésil et de l'Argentine. « Et nous craignons que ce surcroît de bureaucratie dans la production de soja ne conduise à une réduction de la production en Europe », a ajouté le ministre autrichien. L’Autriche a presque triplé la surface de culture du soja entre les années 2010 et 2022. Lors du Conseil 'Agriculture' du 26 mars, l’Autriche avait réclamé une révision ciblée du règlement sur la lutte contre la déforestation (EUROPE 13380/5). (Lionel Changeur)

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