À l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, la Commission européenne a organisé, mercredi 6 mars à Bruxelles, un événement consacré à la place des femmes dans la vie publique et le combat continu pour l'égalité des genres, notamment dans le contexte des prochaines élections européennes.
L'événement a été initié par les interventions à distance des Présidentes de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Parlement européen, Roberta Metsola.
Malgré les avancées, des défis persistants. Mme von der Leyen a souligné l'importance de l'égalité des genres, non seulement comme un idéal, mais également comme un prérequis pour des sociétés plus justes et prospères. Elle a rappelé l'engagement de la Commission à promouvoir l'égalité, en soulignant que la moitié de son collège de commissaires est féminine et en mettant en avant les efforts pour l'égalité salariale et le soutien à la garde d'enfants.
Mme Metsola, quant à elle, s’est concentrée sur les défis persistants auxquels les femmes sont confrontées, notamment dans les domaines de la politique, des affaires, du monde académique et des STEM (Science, Technology, Engineering and Mathematics), appelant à l'action contre les préjugés et pour une protection juridique accrue.
Elle a salué les progrès réalisés par le Parlement européen et a évoqué, en ce sens, la récente directive sur la violence à l'égard des femmes (EUROPE 13351/23) et celle pour plus de femmes dans les conseils d'administration des sociétés cotées (EUROPE 13068/15).
La vice-Présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a, à son tour, pris la parole pour appeler à des solutions pratiques et à un soutien mutuel face aux défis rencontrés par les femmes dans la vie publique. Elle a évoqué la progression de la représentation féminine dans la politique et les affaires à travers l'UE, tout en avertissant contre les tendances inquiétantes de retrait dues à l'agression et à la discrimination.
Les témoignages de deux eurodéputées, Lucia Ďuriš Nicholsonová (Renew Europe, slovaque) et Assita Kanko (CRE, belge), ont révélé l'étendue du harcèlement et de la discrimination auxquels les femmes sont confrontées, notamment via les réseaux sociaux. Ces récits ont rappelé la nécessité d'une action concrète pour protéger et soutenir les femmes dans la sphère publique.
Le constat d'une domination masculine écrasante. En outre, Silvana Koch-Mehrin, la présidente du réseau Women Political Leaders, a dressé un tableau alarmant de la situation actuelle de la représentation féminine en politique à l'échelle mondiale.
L’ancienne vice-présidente du Parlement européen et eurodéputée a révélé qu'un tiers des femmes quittent la politique durant leur premier mandat, soulignant les obstacles considérables qu'elles rencontrent, qui les poussent à abandonner prématurément leur carrière politique.
Par ailleurs, Mme Koch-Mehrin a pointé du doigt la domination masculine écrasante dans les sphères du pouvoir, avec plus de 90% des rôles de présidents et de premiers ministres occupés par des hommes, et environ 75% des sièges parlementaires à travers le monde tenus par la gent masculine.
Enfin, elle est revenue sur l'impact dévastateur des réseaux sociaux, se référant à des données relatives aux femmes politiques en Allemagne faisant face à un flux constant de messages haineux, avec une moyenne de 30 messages par heure, soit un message toutes les deux minutes. Des statistiques édifiantes mettent en évidence les défis systémiques auxquels les femmes sont confrontées, soulignant l'urgence de mettre en œuvre des mesures concrètes pour soutenir les femmes en politique et promouvoir une véritable égalité des genres dans la sphère publique. (Nithya Paquiry)