Les ministres de la Justice de l'Union européenne, réunis mardi 5 mars en Conseil à Bruxelles, ont abordé les risques que représentent l'infiltration des systèmes judiciaires par des organisations criminelles ainsi que les menaces et intimidations envers les juges et les procureurs. Ceux-ci, en première ligne dans la lutte contre le crime organisé, sont les garants de la préservation de l'État de droit au sein de l'Union.
Face à ces inquiétudes croissantes, le ministre belge de la Justice, Paul Van Tigchelt, a soulevé l'importance de la protection de l'État de droit, affirmant qu'elle représentait une des raisons d'être fondamentales de l'Union européenne.
La discussion a conduit à un consensus sur la nécessité de renforcer la résilience des systèmes judiciaires face aux pressions extérieures.
« Comment pouvons-nous mieux protéger notre système judiciaire, nos magistrats, notre public et nos procureurs ? », a interrogé M. Van Tigchelt, reflétant, à l’issue des discussions, l'ambivalence des défis rencontrés : assurer un contrôle efficace tout en préservant l'indépendance du pouvoir judiciaire. Les échanges qu’il a présidés, décrits comme fructueux, ont permis aux États membres de partager leurs expériences et pratiques nationales, ouvrant la voie à une recherche collective du « juste équilibre ».
Le commissaire européen chargé de la Justice, Didier Reynders, a préconisé une approche alliant prévention et répression. La protection individuelle des magistrats, ainsi que de leurs familles, s'est imposée comme un sujet majeur, tout comme la nécessité de protéger l'intégrité du système judiciaire contre toute forme d'ingérence, issue de la corruption ou d'infiltrations criminelles.
En outre, le Conseil a approuvé des conclusions basées sur le rapport annuel 2023 de la Commission européenne concernant l'application de la Charte des droits fondamentaux dans l'UE. Ce document, qui met l'accent sur une protection juridique efficace et un accès à la justice pour tous, a été au cœur des échanges, qui ont bénéficié de la présence de Sirpa Rautio, la nouvelle directrice de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne. (Nithya Paquiry)