Mateusz Morawiecki, ex-Premier ministre polonais et membre du parti d’opposition Droit et justice (PiS), a annoncé en conférence de presse, mercredi 31 janvier à Bruxelles, qu’il était « ouvert » à l'idée que le Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, rejoigne le groupe 'Conservateurs et réformistes européens' (CRE).
« C'est, bien sûr, la prérogative du gouvernement hongrois, et de Viktor Orbán en particulier, et notre prérogative d'accepter un nouveau membre », a-t-il précisé. « Je ne suis pas sûr qu'il y ait des changements avant les élections européennes. Mais, après les élections, cela ferait bien sûr partie de nos discussions et négociations », a-t-il ajouté.
Pour rappel, en mars 2021, le Fidesz a quitté le Parti populaire européen (PPE) alors qu’il était sous le coup d’une procédure d’exclusion (EUROPE 12681/16). Les eurodéputés membres du parti sont au nombre de 13 et représentent environ 60% de la délégation hongroise au PE.
Avec plus de parlementaires dans le groupe dirigé par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, l'électorat au sein du futur PE pourrait ainsi glisser davantage à droite et faire du CRE la troisième force politique (EUROPE 13283/2).
En amont du sommet européen extraordinaire de jeudi 1er février, M. Morawiecki a exprimé ses positions sur les sujets à l’ordre du jour (voir autres nouvelles). Il a réaffirmé son soutien à l’Ukraine, dont « l’assistance est essentielle ». « Cela doit avoir lieu sans causer pour autant des dommages à la politique de cohésion et à la politique agricole commune », a-t-il nuancé.
Il en a profité pour afficher son soutien aux agriculteurs européens, qui manifestent depuis plusieurs jours. « Vu la surcharge administrative qui pèse sur leurs épaules et l’injustice extrême qu'ils subissent, causée par une concurrence déloyale entre nos agriculteurs et ceux de l’étranger, des réformes doivent dès lors être envisagées », a-t-il estimé.
De plus, M. Morawiecki a réitéré son opposition au 'Pacte Asile et migration' (EUROPE 13339/39). « La seule façon de sortir de l’impasse migratoire sur le long terme, ce n’est pas d’ouvrir en grand les portes de l’Europe, mais, au contraire, de mettre en place des barrières efficaces et d'entreprendre des mesures politiques justes et efficaces envers les pays d’origine de ces migrants, qui exercent parfois des pressions très fortes », a-t-il considéré.
Enfin, il a critiqué le fait que le gouvernement polonais actuel ait donné son accord sur la question des ressources propres au budget de l'Union européenne. Cette modification du budget européen contribue à la centralisation de la prise de décision politique, ce qui constitue, selon lui, une « impasse ». « Pour miser sur l’efficacité de l’action de l’UE, il faudrait réduire le spectre des compétences des institutions basées à Bruxelles, en particulier de la Commission européenne ; autrement dit, éviter de pratiquer une politique de plus en plus commune », a-t-il défendu.
L’ex-Premier ministre a ainsi donné le ton de la campagne à venir. (Anne Damiani)