La Présidence belge du Conseil de l’Union européenne, représentée notamment par le Premier ministre, Alexander De Croo, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les partenaires sociaux européens, ont signé, mercredi 31 janvier au château de Val Duchesse à Bruxelles, une déclaration sur le renforcement du dialogue social dans l’UE, 39 ans après le premier Sommet de ce type organisé au même endroit par l'ancien président de la Commission, Jacques Delors.
Cette « déclaration tripartite pour un dialogue social européen florissant », signée dans le cadre d’un événement non ouvert à la presse, a permis de renouveler « l’engagement à renforcer le dialogue social au niveau de l'UE et à unir les forces pour relever les principaux défis de nos économies et de nos marchés du travail », indique un communiqué de la Présidence. Et d'ajouter: « L'objectif est de soutenir des entreprises prospères, des emplois et des services de qualité ainsi que de meilleures conditions de travail ».
Il s'agit de protéger et de développer les progrès acquis, la proposition de directive sur les comités d'entreprise européens étant une illustration récente de ce dialogue social (EUROPE 13335/91).
La Commission, la Présidence belge et les partenaires sociaux européens se sont notamment mis d'accord, dans cette déclaration, pour :
- remédier aux pénuries de main-d'œuvre et de compétences alors que près de deux tiers (63%) des petites et moyennes entreprises estiment que les pénuries de main-d'œuvre et de compétences les freinent dans leurs activités. La Commission présentera un plan d'action pour lutter contre les pénuries de main-d'œuvre et de compétences au printemps 2024 ;
- placer « le dialogue social européen au cœur de notre avenir commun » et respecter et promouvoir pleinement le rôle des partenaires sociaux et du dialogue social ;
- « nommer un 'Envoyé européen pour le dialogue social' pour promouvoir et renforcer le rôle du dialogue social aux niveaux européen et national. Il sera le point de contact des partenaires sociaux » ;
- lancer un pacte pour le dialogue social européen avec une série de réunions bipartites et tripartites pour déterminer comment renforcer davantage le dialogue social au niveau de l'UE.
Étude sur les bénéfices du dialogue social
Le même jour, l’Institut syndical européen de recherche (ETUI), a publié une étude soulignant que le soutien gouvernemental à la négociation collective « est le moyen le plus efficace de lutter contre les bas salaires ».
« Environ 19% des travailleuses et quelque 14% des hommes perçoivent un bas salaire en Europe, et la tendance politique de ces dernières décennies est passée du soutien à la négociation collective à la mise en œuvre de salaires minimums légaux », indiquent les auteurs de l'étude. Ils soulignent que, « pour lutter contre les bas salaires, il est essentiel de protéger non seulement les travailleurs situés au bas de l'échelle salariale, mais aussi d'empêcher la baisse des salaires vers le bas de l'échelle ».
Liens vers la déclaration et l’étude: https://aeur.eu/f/anw ; https://aeur.eu/f/anv (Solenn Paulic)