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Bulletin Quotidien Europe N° 13310
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CONSEIL DE L'EUROPE / Affaires intÉrieures

Une conférence du Conseil de l’Europe pointe les défis de l’IA dans la lutte contre le trafic de drogues

170 experts de 40 pays, de 5 organisations internationales, du monde universitaire et du secteur privé ont participé, de mercredi 6 à vendredi 8 décembre, à la première Conférence annuelle des réseaux de contrôle des drogues du Conseil de l’Europe ('Groupe Pompidou').

Destinée à faciliter les synergies entre différents services de contrôle des drogues, cette conférence a fait apparaître de nouvelles tendances.

Laurent Daniel, intervenant au nom de l’« Observatoire européen des drogues et des toxicomanies », a souligné l’importance du marché du cannabis, dont la consommation est 6 fois plus importante que celle de la cocaïne dans l’Union européenne.

« On pense que ce marché est plus cool, moins agité », a-t-il commenté, « mais il génère beaucoup de violence en raison de l’énormité des enjeux financiers (11,4 milliards d’euros et 22,6 millions d’utilisateurs en 2022) ».

Avec une inquiétude : « la falsification et l’apparition de nouveaux produits sur le marché européen du cannabis, dont certains présentent des risques graves ».

L’apparition de nouvelles substances conçues et commercialisées par l’IA générative a été présentée par Benjamin Shultz, analyste de l’influence étrangère malveillante chez Deloitte à Washington DC.

« En s’intéressant aux molécules chimiques plutôt qu’aux mots, ChatGPT peut y parvenir », a-t-il dit en évoquant une expérimentation menée aux États-Unis, qui a abouti à la définition de nouvelles drogues potentielles.

« Le temps que ce projet aboutisse, 196 substances non identifiées sont apparues sur le marché. Plus de 90% d’entre elles correspondaient aux modèles élaborés ».

« ChatGPT va très vite, il faut être prêt à suivre », a-t-il conclu en signalant qu’Interpol Europe s’intéressait à l’IA générative.

« Il faudra des ressources et l’établissement de normes de conduite définissant les questions acceptables à soumettre au modèle, ce qui implique une collaboration directe avec les plateformes et l’intégration d’experts dans les services ».

Autre question abordée par M. Shultz, celle du rôle des plateformes de jeux en ligne (essentiellement Steam, Twitch et Discord) pour l’émergence de nouveaux marchés et le recrutement de trafiquants.

« Avec plus d’un million de jeux disponibles et l’augmentation des joueurs après la pandémie, ce marché représente 185 milliards de dollars par an », a-t-il précisé.

« Le recrutement se fait après une phase d’observation par un membre de cartel qui, ensuite, contacte par messagerie un jeune joueur et lui propose de gagner facilement de l’argent, par exemple en transportant un colis ».

« Au Royaume-Uni, un jeune sur quatre (entre 13 et 19 ans) a reçu une proposition en ligne de ce type et le problème est particulièrement inquiétant au Mexique », pays où une conférence internationale se tiendra en décembre autour de ce problème « qui va s'amplifier ».

Pour le contrer, a souligné Benjamin Shultz, « l’IA peut être utile », également pour déceler les trafics financiers qui se déploient parallèlement à cette technique de recrutement touchant, en plus de la drogue, le trafic des êtres humains.

Lien vers le site : https://aeur.eu/f/a24 (Véronique Leblanc)

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