La Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP28), qui se tient à Dubaï (Émirats arabes unis), a vu l'arrivée, vendredi 8 décembre, d'une délégation parlementaire de l'Union européenne menée par Peter Liese (PPE, allemand) et Mohammed Chahim (S&D, néérlandais). Bien que le Parlement européen n'ait pas de pouvoir de négociation formel, sa présence est un témoignage de son rôle influent.
Pour rappel, le 21 novembre 2023 (EUROPE 13297/5), les eurodéputés ont adopté une résolution exigeante, appelant à l'élimination de toutes les subventions aux combustibles fossiles avant 2025 et à un triplement de la production d'énergies renouvelables ainsi qu'à un doublement de l'efficacité énergétique d'ici 2030.
Au cours de cette première journée à Dubaï, lors d’une conférence de presse conjointe avec Peter Liese, le commissaire chargé de l’action pour le climat, Wopke Hoekstra, a souligné l'importance du Parlement européen dans la mise en œuvre des engagements climatiques de l'UE.
M. Liese, quant à lui, a insisté sur le rôle des eurodéputés en tant que colégislateurs essentiels dans la politique climatique de l'UE, affirmant que la délégation est présente pour soutenir et pousser les négociateurs de l'UE à obtenir des résultats répondant aux défis climatiques.
En outre, Wopke Hoekstra a abordé les difficultés géopolitiques actuelles, soulignant que les tensions mondiales et les différences d'intérêts nationaux rendent les négociations difficiles, mais cruciales. Il a insisté sur la nécessité d'aborder la question des énergies fossiles et des subventions qui les soutiennent en appelant à leur élimination, réitérant l'engagement de l'UE à tripler les énergies renouvelables et à doubler l'efficacité énergétique.
Or, sur ce dernier point, Mohammed Chahim, vice-président de la délégation, avait tenu à souligner dans un communiqué : « Nous ne pouvons pas atteindre les objectifs de l'Accord de Paris tout en soutenant les industries qui nuisent à notre planète. L'élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles n'est pas seulement une nécessité environnementale, mais aussi une étape cruciale vers un avenir plus propre et plus résilient ».
M. Chahim a également mis en lumière la transparence comme fondement de négociations efficaces sur le climat, critiquant la présence record de lobbyistes des énergies fossiles à la COP28 et les liens entre le président de la COP28 et la compagnie pétrolière émiratie Adnoc. Des éléments qui n'ont pas trouvé de résonance dans les déclarations de MM. Liese et Hoekstra.
Le président de la délégation est toutefois revenu sur le rôle de l'UE en matière de financement climatique, avec plus de la moitié des 700 millions de dollars promis à Dubaï pour la perte et les dommages climatiques venant de l'Europe. Il a mis en avant l'ambition de l'UE en matière de réduction des gaz à effet de serre, avec un objectif de réduction de 57% d'ici 2030.
Le commissaire Hoekstra a en outre mentionné le succès du marché du carbone de l'UE, un mécanisme qui a suscité un intérêt mondial. Il a exprimé sa surprise face à l'intérêt croissant pour les marchés du carbone en Amérique latine, en Afrique et en Asie, une approche visant à réduire les émissions de CO2 de manière significative et durable.
Au cours des jours qui viennent, les députés rencontreront des ministres, des parlementaires, des représentants de la société civile, des dirigeants d’organisations internationales pour le climat et d’autres délégués. Par ailleurs, dimanche 10 décembre, le Parlement organisera un événement au pavillon de l’UE sur les réductions d'émissions de méthane. (Nithya Paquiry)