Le commissaire européen à la Concurrence, Didier Reynders, a annoncé, mardi 5 décembre, que la Commission avait autorisé un projet important d'intérêt européen commun (PIIEC) appelé PIIEC ISN pour PIIEC Infrastructures et services en nuage de nouvelle génération (IPCEI Next Generation Cloud Infrastructure and Services).
PIIEC ISN soutiendra la recherche, le développement et le premier déploiement industriel dans le domaine des technologies avancées de l'informatique en nuage et en périphérie. « Ce PIIEC cherchera à développer les logiciels permettant d'intégrer les capacités de cloud et de edge offertes par différents fournisseurs, formant ce qu'on appelle en jargon technique un « continuum cloud-to-edge avec des multifournisseurs », a précisé Didier Reynders.
Le projet a été notifié conjointement par sept États membres : l'Allemagne, l’Espagne, la France, la Hongrie, l'Italie, les Pays-Bas et la Pologne.
Ces États membres prévoient d’investir jusqu'à 1,2 milliard d'euros de financement public. Ces investissements publics devraient servir de levier pour mobiliser 1,4 milliard d'euros supplémentaires d'investissements privés.
Le commissaire Reynders a souligné que, dans son évaluation, après notification, la Commission avait estimé que les projets pouvaient être réalisés avec environ 30% de financements publics en moins par rapport à ce qui avait été initialement notifié, soit environ 400 millions d’euros.
19 entreprises seront actives dans ce contexte. Elles porteront 19 projets hautement innovants.
Les phases de recherche, de développement et de premier déploiement industriel se tiendront entre 2023 et 2031.
Les premiers résultats - une infrastructure de référence en libre accès - sont attendus pour la fin 2027.
Des mécanismes seront intégrés au PIIEC ISN pour créer des effets d’entraînement, comme le fait que les entreprises qui développent des logiciels libres accorderont des licences permissives et non restrictives aux parties tierces intéressées.
Un mécanisme dit de récupération de fonds est prévu (claw-back), si les entreprises se révèlent plus rentables qu’attendu.
L’écosystème du PIIEC ISN, quant à lui, est plus large : il concerne plus de 90 partenaires indirects.
La Commission européenne estime que 1 000 emplois hautement qualifiés, directs et indirects, pourraient être activés dans les premières phases de développement et de déploiement, et plus encore lors de la phase de commercialisation.
S’exprimant plus globalement sur les aides publiques, Didier Reynders a souligné qu’il était important de rappeler les règles aux États membres afin qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence entre États qui disposaient de plus ou moins de marge de manœuvre budgétaire.
Néanmoins, ce PIIEC démontrait une volonté partagée des États de travailler ensemble à des projets d'envergure.
Le commissaire Reynders a appelé à tenir compte de la politique industrielle qui se développe à travers les aides d’État. Cette politique vise notamment à mieux localiser les chaînes d’approvisionnement en Europe. Le commissaire a souligné que ceci nécessitait une part de financements publics.
Cependant, Didier Reynders a insisté sur deux éléments : le respect du principe de non-discrimination et le fait que ces aides devaient également contribuer à soutenir les régions en retard de développement.
Lien vers les organigrammes du PIIEC et de son écosystème : https://aeur.eu/f/9z6 (Émilie Vanderhulst)