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Bulletin Quotidien Europe N° 13304
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits fondamentaux

Face à la commission des transports du PE, Katarzyna Starzec et Patrick Hurst témoignent des inégalités et obstacles bureaucratiques liés à la mobilité

Dans le cadre de la première édition de la Semaine des droits des personnes en situation de handicap, organisée au Parlement européen du 27 novembre au 4 décembre, les problématiques liées à l'accessibilité des personnes handicapées dans le domaine du transport et du tourisme ont été abordées par la commission dédiée, qui a mené des discussions approfondies, notamment sur la 'Carte européenne d’invalidité' proposée par la Commission européenne en septembre (EUROPE 13244/1).

Katarzyna Starzec, originaire de Pologne, a partagé son expérience personnelle avec les eurodéputés, illustrant les défis auxquels les personnes handicapées sont confrontées quotidiennement. Atteinte d'atrophie musculaire et de myopathie, Mme Starzec a insisté sur l'importance d'améliorer l'accessibilité dans les transports. Elle a souligné : « Nous avons des rampes d'accès, des ascenseurs, mais il reste encore beaucoup à faire ».

Elle a également évoqué les difficultés liées à la « paperasserie » pour l'utilisation de fauteuils roulants électriques et a souligné la nécessité d'améliorer les conditions de voyage pour les personnes handicapées, en mentionnant que « certaines personnes ne peuvent pas rester dans la même position assise pendant plus d'une heure ».

Katarzyna Starzec a également abordé la problématique des sièges limités pour les personnes handicapées dans les trains à grande vitesse en Pologne, les considérant comme une forme de discrimination. « Deux sièges pour personnes handicapées sur 400, c'est trop peu ».

Mme Starzec a aussi mentionné les difficultés liées aux équipements spéciaux nécessaires pour certaines personnes handicapées, comme les appareils respiratoires, qui requièrent souvent des autorisations spéciales et des délais d'attente excessifs.

Elle a souligné l'importance de l'assistance, indiquant que l'allocation actuelle de 30 à 60 heures par mois en Pologne est insuffisante. « Moi, j'aimerais vraiment avoir mon assistant avec moi pendant plus longtemps », a-t-elle exprimé.

Enfin, Patrick Hurst, professeur d'anglais de français et ancien président du Centre pour l'égalité de traitement, un organisme de promotion de l'égalité du Luxembourg, a témoigné en tant que représentant de la société civile - car non voyant - sur la question de la carte européenne du handicap.

Apportant un éclairage sur l'importance d'une approche unifiée à l'échelle de l'UE, il a mis en exergue les incohérences dans la reconnaissance et le traitement du handicap d'un pays à l'autre : « En France, j'avais 95% (de handicap), mais au Luxembourg, j'ai 75% ». M. Hurst a ainsi insisté sur la nécessité d'harmoniser les réglementations pour assurer une mobilité équitable et une meilleure intégration des personnes handicapées dans la société. 

Tandis que les discussions au Parlement doivent se poursuivre, du côté du Conseil, les ministres européens sont parvenus, lundi 27 novembre (EUROPE 13301/2), à un accord politique de principe (‘orientation générale’) sur la directive introduisant une carte européenne du handicap et renforçant la carte européenne de stationnement pour les personnes handicapées. (Nithya Paquiry)

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