Les dépenses européennes de défense ont augmenté de 6% en 2022, pour atteindre un record de 240 milliards d’euros, a annoncé l’Agence européenne de défense (AED), jeudi 30 novembre, dans son rapport annuel sur les données de défense. Il s’agit de la huitième année consécutive de croissance et ces dépenses auraient dû atteindre 316 milliards d’euros, si tous les États membres avaient observé la ligne directrice de 2% du PIB de l'OTAN.
20 des 27 États membres de l'UE ont augmenté leurs dépenses de défense, dont 6 de plus de 10%. Ainsi, la Suède (+30,1%), le Luxembourg (+27,9%), la Lituanie (+27,6%), l'Espagne (+19,3%), la Belgique (+14,8%) et la Grèce (+13,3%) ont enregistré les plus fortes augmentations des dépenses globales.
Un montant record de 58 milliards d'euros a été alloué aux investissements dans le domaine de la défense (soit une hausse de 5,8%), principalement pour l'achat de nouveaux équipements (hausse de 7% par rapport à 2021). L'objectif de 20% de dépenses totales dans ce domaine est dépassé pour la quatrième année, avec un total de 24,2% dans l'ensemble de l'UE.
20 États membres ont atteint les 20%, dont 14 dépassent même 25%, notamment le Luxembourg (53,5%), la Hongrie (48,1%), la Grèce (42,6%), la Finlande (37,4%) et la Lituanie (34,8%). Un pays, l’Autriche, a consacré moins de 10% de ses dépenses totales à l'investissement dans la défense (9,5%). Lors de la conférence de l’AED, jeudi 30 novembre, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a rappelé qu'il manquait encore de nombreuses capacités critiques aux Européens et qu'il fallait investir plus.
Les dépenses consacrées à la recherche et à la technologie de défense (R&T) ont été de 3,5 milliards d’euros, soit une baisse de 200 millions d'euros par rapport à 2021. Seuls deux États membres - non rendus publics - atteignent le seuil convenu de 2% des dépenses de défense consacrées aux activités de R&T, représentant ensemble 81% de l'ensemble des dépenses de R&T dans le domaine de la défense. « On ne peut pas se le permettre », a prévenu le Haut Représentant de l’UE lors de la conférence de l’AED, le 30 novembre. « Nous ne pouvons pas dépenser plus, investir plus, mais faire moins de recherche », a-t-il ajouté, estimant que les Européens ne pouvaient pas continuer à investir dans les outils du passé, mais qu'ils devaient inventer ceux de l’avenir.
Par ailleurs, la valeur des projets gérés par l'AED a fortement augmenté, avec 18 projets démarrant en 2022 pour une valeur de plus de 76 millions d'euros, soit une valeur combinée de 250 millions d'euros pour 46 projets gérés par l'AED pour le compte des États membres.
Le Haut Représentant a rappelé que les Européens restaient à la traîne par rapport à d'autres acteurs mondiaux sur les dépenses (États-Unis, Chine et Russie).
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/9vy (Camille-Cerise Gessant)