La Belgique a préconisé, lors de la réunion des ministres européens de la Santé, jeudi 30 novembre, une approche et une organisation communes au niveau de l'UE pour l'évacuation sanitaire de blessés de Gaza.
Pour le ministre belge, Frank Vandenbroucke, soutenu dans sa requête par les délégations française, irlandaise, italienne, luxembourgeoise, maltaise, néerlandaise, portugaise et chypriote (qui a évoqué un couloir maritime pour acheminer de l'aide dans la région), des actions s'imposent dans trois domaines : la protection des dispositifs médicaux et du personnel, le réapprovisionnement des hôpitaux en matériel et l'évacuation des patients qui nécessitent des soins immédiats. L'Égypte a besoin aussi de matériel médical pour soigner les blessés en provenance de Gaza, a insisté la Belgique.
Les Pays-Bas se préparent à des évacuations médicales, a indiqué cette délégation.
La commissaire Stella Kyriakides a prôné des « couloirs humanitaires » pour permettre la circulation des personnes et l'acheminement de l'aide à Gaza. « Le droit international humanitaire doit être respecté, y compris pour les travailleurs humanitaires et les infrastructures civiles telles que les hôpitaux. Cela permettra de sauver des vies et d'alléger les souffrances », a-t-elle déclaré.
Elle a précisé qu'aucun système d'évacuation médicale n'avait encore été mis en place pour Gaza, « mais il pourrait être envisagé, si une demande était reçue ». Or, ce système d'évacuation des blessés existe s'agissant des victimes de la guerre en Ukraine.
La Suède, l'Espagne, l'Autriche et la Pologne ont annoncé de nombreuses offres de médicaments et d'équipements médicaux qui sont acheminés vers l'Égypte, a souligné la Commission.
Santé mentale. Le Conseil a adopté des conclusions (https://aeur.eu/f/9w0 ) sur la santé mentale (EUROPE 13291/11).
Données de santé. La Présidence espagnole du Conseil de l'UE a fait le point sur les dossiers législatifs en cours, dont le règlement relatif à l’espace européen des données de santé.
« Je vous invite à continuer à viser haut, en particulier en ce qui concerne l'utilisation secondaire des données sur la santé. La disponibilité de données de haute qualité et représentatives est cruciale pour les soins de santé de demain », a souligné Mme Kyriakides.
La France, de son côté, a fait part de ses préoccupations sur ce texte « qui ne contient aucune obligation de stocker les données de santé générées sur le territoire de l'UE. La possibilité que ces données soient hébergées dans des pays tiers sans aucune garantie fiable quant à leur protection effective serait de nature à remettre en cause la confiance des citoyens dans ce projet », selon le ministre français, Aurélien Rousseau.
Covid 'long'. L'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche et Malte ont abordé le sujet du Covid dit 'long'. « Nous avons besoin de plus d'informations sur ses causes et ses divers impacts pour mettre au point des traitements efficaces », a admis la commissaire à la Santé, qui a assuré que « nous prenons des mesures concrètes pour combler ces lacunes ». Par exemple, la Commission a mis sur pied un réseau d'experts nationaux dans le cadre de la plateforme de la politique de santé de l'UE pour relever les défis du Covid 'long'. Il s'est déjà réuni deux fois en 2023, et une autre réunion est prévue en janvier 2024. Actuellement, l'accent est mis sur l'identification des besoins de chaque État membre afin de mieux soutenir les patients dans l'ensemble de l'UE. « J'encourage tous ceux qui n'ont pas encore désigné de membres du réseau à le faire dès que possible », a souligné Mme Kyriakides. En outre, l'UE soutient la recherche sur les causes, les conséquences et le traitement du Covid 'long' (66 millions d'euros dans le cadre d'Horizon Europe).
Enfin, l'Estonie a évoqué les réalisations de l'initiative 1+ million de génomes (1+MG). Dans la première phase de l'initiative, le cadre 1+MG a été conclu avec succès. « Nous nous concentrons à présent sur la mise en place d'une infrastructure européenne fédérée de données génomiques, soutenue par 20 millions d'euros du programme Digital Europe », a précisé la Commission. (Lionel Changeur)