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Bulletin Quotidien Europe N° 13294
Sommaire Publication complète Par article 26 / 38
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Une étude identifie les risques de la dégradation de la nature pour la stabilité financière et le travail des banques centrales en zone euro

La Banque centrale européenne (BCE) a publié, mercredi 8 novembre, une étude consacrée aux risques et aux implications pour la stabilité financière de la dégradation des écosystèmes naturels et de la biodiversité en zone euro. 

Les auteurs de l’étude - Simone Boldrini, Andrej Ceglar, Chiara Lelli, Laura Parisi et Irene Heemskerk - ont évalué la dépendance des sociétés non financières (NFCs) et des banques de la zone euro à l'égard de différents services fournis par les écosystèmes (pollinisation, séquestration du carbone, prévention des inondations, etc.).

L'étude développe également une méthode de mesure de la sensibilité du portefeuille de crédit de ces banques à d'éventuelles dégradations dans la fourniture de services fournis par les écosystèmes.

Selon les auteurs, les risques posés par ces dégradations peuvent se matérialiser à travers deux canaux principaux : les risques physiques et les risques de transition.

Dans la zone euro, environ 72% des NFCs, soit environ 3 millions de NFCs, dépendraient fortement d'au moins un service écosystémique. Or, près de 75% des prêts bancaires aux entreprises dans la zone euro sont accordés aux NFCs. Ces dégradations peuvent donc se traduire en pertes pour les NFCs et pour les banques qui leur accordent des prêts.

L’étude évoque aussi les conséquences potentielles de ces dégradations de la nature sur les activités des banques centrales, sur la politique monétaire et la stabilité financière.

Les pertes de services fournis par les écosystèmes peuvent entraîner un choc d'offre de denrées ou de services et, partant, une volatilité des prix accrue, avec des implications macroéconomiques. Cela peut aussi entraîner un profil de risque plus élevé pour le secteur financier, notamment via les prêts et les investissements au secteur agricole.

Les auteurs soulignent que le travail sur l'évaluation des risques environnementaux a déjà débuté avec le volet de supervision bancaire de la BCE. Cependant, les marchés de capitaux devraient combler les lacunes en matière d'informations et de données quantitatives pour mieux appréhender les risques liés aux pertes naturelles et en limiter l’impact.

Les auteurs plaident pour un cadre mondial pour les obligations d'information sur la nature par les NFCs et les institutions financières. Ils soulignent que des évolutions vont dans ce sens, entre autres, avec l’entrée en vigueur en 2024 de la directive européenne relative aux rapports sur le développement durable des entreprises (CSRD), les recommandations de 2023 du groupe de travail sur les informations financières liées à la nature (TNFD) et le travail du Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS).

Lien vers l'étude : https://aeur.eu/f/9l7 (Émilie Vanderhulst)

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