Lors du lancement de la 21e Semaine européenne des régions et des villes, lundi 9 octobre, la commissaire à la Cohésion, Elisa Ferreira, et le président du Comité européen des régions (CdR), Vasco Alves Cordeiro, ont souligné le rôle crucial joué par la politique de cohésion dans l'atténuation des effets de la crise énergétique et dans l'aide apportée aux personnes fuyant la guerre déclenchée par la Russie contre l'Ukraine ainsi qu'aux populations et aux régions qui les ont accueillies.
Vasco Alves Cordeiro a présenté les conclusions du rapport annuel 2023 sur l'état des régions et des villes, qui montre notamment que ces dernières sont les premiers interlocuteurs en cas de crises (guerre, catastrophes...)
En outre, pour protéger ses régions des effets néfastes du changement climatique, l’UE devrait investir environ 40 milliards d’euros chaque année, si la température mondiale ne dépasse pas 1,5°C. Ce montant s’élèverait à 120 milliards d’euros et 200 milliards d’euros par an pour s’adapter à une augmentation de la température de 2°C ou de 3°-4°C. D'ici 2033, 30 millions de personnes auront quitté les zones rurales d’Europe, s'est inquiété M. Cordeiro. Le rapport montre aussi que l'UE devrait utiliser le potentiel, les capacités et l’expertise de ses régions et villes pour ancrer la reconstruction, la réforme et l’intégration européenne de l’Ukraine au niveau local et continuer à soutenir la décentralisation.
L'élargissement. Devant la presse, Elisa Ferreira a indiqué, à propos d’une question sur les effets de l’élargissement sur la politique de cohésion, qu’il faudra voir le calendrier et la méthode retenue. Pour l’heure, elle souhaite se concentrer sur la manière de mieux faire avec les fonds disponibles actuellement. « La discussion sur l’élargissement bat son plein » et « nous sommes conscients » que l’élargissement pourrait conduire à « changer la donne », a concédé la commissaire. Un groupe d’experts planche sur la question et des contributions proviennent notamment du Parlement européen et du CdR, a précisé la commissaire.
Vasco Alves Cordeiro a dit comprendre la tentation qui existe de limiter la question de l’élargissement à des sujets de quantité d’argent et de dotations disponibles. Toutefois, sur le plan politique, il convient, selon lui, de traiter la question non pas uniquement sous l’angle des enveloppes financières qui risquent de diminuer, d’augmenter ou de disparaître. « Sur le plan politique, il en va de l’intérêt de l’UE d’aller vers cet élargissement », a fait valoir M. Cordeiro.
Mme Ferreira a aussi signalé que les pays qui reçoivent les fonds finissent par reverser au budget général au bénéfice des autres régions. L’idée est de permettre aux pays bénéficiaires de sortir de cette dépendance, et non pas de percevoir des fonds ad vitam aeternam. Il convient d’utiliser ces fonds structurels de manière plus efficace et de voir comment les combiner avec les fonds de la 'Facilité pour la reprise et la résilience'.
Au sujet des fonds structurels en Roumanie, la Commission est en discussion avec le gouvernement roumain. « Nous ne pouvons pas anticiper la suite tant que nous n’aurons pas clos l’exercice comptable. Je ne pense pas que la Roumanie perdra son financement, mai il est vrai que nous devons accélérer les ajustements et les rendre opérationnels », a précisé Elisa Ferreira. « Il convient d’avoir un réservoir de projets qui soit solide. Nous pensons qu’il sera possible de puiser dans les fonds jusqu’à la fin de la période de programmation », a-t-elle conclu.
Par ailleurs, l'Italie et la Commission européenne discuteraient d'une proposition visant à reprogrammer les fonds régionaux de l'UE d'une valeur estimée à 1,3 milliard d'euros pour aider les ménages à faire face aux prix élevés de l'énergie.
Une nouvelle enquête Eurobaromètre, publiée lundi, montre que la connaissance des projets financés par l'UE est de 39%, ce qui représente une augmentation de 5 points de pourcentage par rapport à il y a 12 ans. Parmi les personnes interrogées qui connaissent les projets financés par l'UE, 79% pensent qu'ils ont un impact positif sur les régions. 46% des répondants ont entendu parler du Fonds européen de développement régional (FEDER) et/ou du Fonds de cohésion et 45% ont entendu parler du Fonds social européen. 63% des répondants estiment que l'UE devrait investir dans toutes ses régions.
Lien vers le rapport annuel 2023 : https://aeur.eu/f/8y9 (Lionel Changeur)