Dans le cadre d’une réunion informelle à Saragosse, les ministres de l’UE chargés de la Jeunesse ont débattu, lundi 18 septembre, des manières d’impliquer davantage les jeunes dans le processus politique.
Une approche centrée sur les jeunes
La ministre espagnole des Droits sociaux, Ione Belarra, a ainsi appelé ses homologues nationaux et européens à inclure une perspective dédiée à la jeunesse au sein de toutes les politiques publiques (« youth mainstreaming »). En effet, elle a déploré une tendance à adopter une approche « centrée sur l’adulte » lors de l’élaboration ou de l’évaluation de mesures, sans nécessairement tenir compte des jeunes, « qui ont traversé une crise après l’autre » depuis la crise financière de 2008.
« L’Europe a une dette morale envers les jeunes », a admis à son tour le vice-président de la Commission européenne chargé de la promotion du Mode de vie européen, Margarítis Schinás.
Sentiment d’appartenance européen
Ensemble, ils ont également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux problématiques qui touchent les jeunes, comme la crise climatique, l’égalité de genre et la santé mentale, mais également l’accès au logement et au marché du travail. Pour que les jeunes se sentent Européens, « il faut s'assurer que, dans tous les domaines, d'Erasmus à l'intelligence artificielle, la contribution de l'Europe apporte des solutions », a ajouté M. Schinás.
Or, le sentiment d’appartenance à l’UE revêt d’autant plus d’importance alors que les élections européennes approchent à grands pas, l’occasion pour des millions d’électeurs de voter pour la première fois. « Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces personnes aillent voter », a-t-il conclu.
Dans les prochaines semaines, la Présidence espagnole du Conseil de l’UE espère faire approuver deux séries de conclusions concernant la jeunesse : l’une plaidant pour augmenter les ressources dédiées à la santé mentale, l’autre pour une plus grande participation des jeunes. Interrogée sur les manières concrètes d’impliquer les jeunes dans la prise de décision, Mme Belarra a rappelé que chaque État membre reste souverain et peut opter pour l’approche qui lui convient.
La réunion informelle se poursuivra mardi 19 septembre avec un volet dédié à l’éducation (EUROPE 13251/25). (Hélène Seynaeve)