Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, Javaid Rehman, a appelé l’UE à faire plus pour protéger ces droits, lundi 18 septembre.
Depuis la mort de Mahsa Amini et le début des manifestations pacifiques, plus de 500 personnes, dont 68 enfants, ont été tuées par les forces de police iraniennes. En représailles aux violations des droits de l'homme, l'UE a adopté des sanctions à l'encontre de 227 personnes et 43 entités.
Lors d’une audition en sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen, le rapporteur spécial a estimé que l’UE devait décider si les droits de l’homme étaient prioritaires pour elle ou non. « Il est important d’être honnêtes avec nous-mêmes. Est-ce que les droits humains sont prioritaires pour nous ou devons-nous essayer de travailler à certains types d’accords (some kinds of negociated settlements), négocier avec un régime autoritaire qui a commis de graves violations droits humains, des crimes contre l’humanité ? », a-t-il souligné.
Il a également souhaité que l’UE se tourne vers le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour exprimer sa « déception » quant à l’élection de l’Iran à la présidence du Forum social, en novembre prochain.
Estimant que la situation des femmes en Iran n’était pas simplement de la discrimination ou de la persécution, mais « un apartheid en fonction du sexe », M. Rehman a appelé tous les hommes et femmes, quelle que soit leur religion, y compris musulmane, à « dire très clairement que cela est inacceptable (...), qu’une politique qui vise à forcer le port du hijab est une persécution à l’égard des femmes ».
Le rapporteur a expliqué qu’il était important de soutenir le peuple iranien dans ses aspirations démocratiques de quelque manière que ce soit et que ce peuple avait le droit de déterminer son avenir. (Camille-Cerise Gessant)