Les eurodéputés ont échangé, jeudi 7 septembre, au sujet du projet de rapport de Franc Bogovič (PPE, slovène) concernant les petits réacteurs modulaires (PRM) et leur développement à l’échelle européenne (EUROPE 13244/7).
« Les petits réacteurs nucléaires permettent une production d’électricité de 10 à 300 mégawatts (...) C’est une solution d’avenir, cela permet de chauffer la vapeur qui, ensuite, peut être utilisée à des fins de chauffage », a expliqué M. Bogovič.
« On peut également s’adapter à différents emplacements, parfois des lieux plus isolés pour lesquels il est difficile d’assurer la sécurité d’approvisionnement ».
Il a également souligné la possibilité qu'offrent les PRM de revaloriser les déchets nucléaires en les réutilisant pour produire de l'énergie.
Le rapporteur a toutefois rappelé les nombreux défis repris dans le rapport pour le développement des ces PRM, comme la nécessité d'engager une main-d'œuvre qualifiée, mais également le besoin accru d’investissement européen dans la recherche et le développement, dans un contexte de concurrence à l’échelle mondiale, notamment initiée par l’Inflation Reduction Act (IRA) américain.
Les différents députés ayant pris part au débat ont manifesté leur enthousiasme et soutien vis-à-vis de ce projet de rapport qui vise à apporter un cadre réglementaire au développement d’une industrie des PRM sur le territoire européen.
Le projet de rapport met en avant l’importance de l’énergie nucléaire au sein du mix énergétique européen. À ce sujet, le rapporteur fictif, Rob Roos (CRE, néerlandais), déplore le fait que les législations européennes actuelles et en cours d’adoption ne mettent pas sur un pied d’égalité l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables et indique proposer des amendements pour reconnaître « toutes les formes d’énergie bas carbone, incluant ainsi l’énergie nucléaire ».
Le député Jerzy Buzek (PPE, polonais) s’est demandé, quant à lui, si le développement des PRM pouvait d’ores et déjà être une réalité industrielle ou si ces réacteurs n’en étaient qu’au stade de technologie dite « d’avenir ».
« Il y a 20 ans, tout le monde voulait de l’hydrogène et il s’avérait alors qu’il n’y avait pas encore de technologies appropriées pour pouvoir utiliser cet hydrogène », a-t-il tenu à rappeler. « Est-ce que la situation est similaire avec les petits réacteurs modulaires? »
Plusieurs députés ont alors rétorqué que des réacteurs avaient déjà été développés aux États-Unis, en Russie, en Chine ou encore en Inde, « d’où l’intérêt de ne pas être à la traîne ».
Le rapporteur Bogovič a également donné l’exemple, en Europe, d’acteurs français ayant investi 100 millions d’euros dans un projet en Roumanie.
« Il serait bon de mutualiser les initiatives, de fédérer les efforts qui se font en Europe par des partenariats, des investissements communs », a-t-il enfin souligné.
Les députés ont jusqu’au 21 septembre pour déposer leurs amendements avant que le projet de rapport soit soumis au vote le 7 décembre.
Pour revoir le projet de rapport de M. Bogovič : https://aeur.eu/f/8gk (Pauline Denys)