La directrice générale de de la DG Énergie de la Commission européenne, Ditte Juul Jørgensen, a échangé, jeudi 7 septembre, avec les eurodéputés de la commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie sur les priorités en matière énergétique et la préparation à l’hiver.
La directrice s’est félicitée d’une situation « bien meilleure » sur le plan énergétique qu’en 2022, avec un niveau de stockage qui a atteint les 90% à la mi-août, assurant « un hiver confortable », et des prix du gaz compris entre 30 et 40 euros le mégawattheure (comparé aux plus de 300 euros atteints à l’été 2022), mais a invité tout de même à la prudence.
« Les prix sont encore volatils, les marchés nerveux. Il y a toujours un risque de déséquilibre entre la demande et l’approvisionnement. Il y a aussi une menace d’action industrielle en Australie qui, certes, n’a pas beaucoup d’impact sur nous, car nous n’achetons pas beaucoup d’énergie là-bas, mais comme les marchés sont internationaux, les risques sont toujours présents ».
Elle a invité les colégislateurs à adopter rapidement un cadre légal clair, s’inquiétant que « les dossiers laissés ouverts trop longtemps » créent des incertitudes et un risque pour les investissements. C’est notamment le cas de la réforme du marché de l’électricité, pour laquelle une position du Conseil de l’UE est encore attendue (EUROPE 13213/9), et du paquet ‘gaz’, qui est au stade des négociations interinstitutionnelles (EUROPE 13224/16).
Elle a également évoqué l’initiative en cours de la Commission européenne visant à renforcer les mesures temporaires de solidarité, mais aussi la possibilité de prolonger certaines mesures d’urgence, comme les mécanismes de correction du marché, ou de développer un instrument plus structuré pour les achats conjoints.
La plateforme AggregateEU (EUROPE 13218/8) pour l’achat conjoint de gaz se termine à la fin de l’année.
Ditte Juul Jørgensen est également revenue sur l’importance du développement des réseaux énergétiques (voir autre nouvelle) et la nécessité des investissements dans les mécanismes d’interconnexion en soulignant le défi de la péninsule ibérique.
Concernant l’énergie nucléaire, elle a insisté sur le fait qu’elle faisait partie de la transition et permettait d’assurer la sécurité énergétique de l’Europe.
« D’ici à 2050, le nucléaire restera une source d’énergie zéro carbone et, manifestement, la part du nucléaire dans le mix énergétique sera de 10 à 15% en 2050. Les petits réacteurs modulaires pourront faire partie de la solution » (voir autre nouvelle). (Pauline Denys)