Le directeur exécutif de l’agence Frontex, le Néerlandais Hans Leijtens, a à nouveau défendu l’action de son organisation, jeudi 7 septembre, lors d’une audition organisée par la sous-commission ‘Droits de l’Homme’ du Parlement européen, et assuré aux eurodéputés que tous les efforts sont faits pour respecter les standards les plus élevés possible en matière de droits fondamentaux.
Le directeur de Frontex, dont le « ton » est très apprécié, a commenté Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise), était plus précisément invité à s'exprimer sur les coopérations que noue l’UE avec des pays tiers, comme la Libye, en ce qui concerne les garde-frontières.
Alors que l’UE a récemment conclu un accord avec la Tunisie, le Néerlandais a néanmoins indiqué que son Agence n’avait pas encore de projet de coopération « sur le court terme » avec Tunis, même si des contacts auront lieu.
Pour la Libye, le directeur exécutif a tout à fait reconnu que le « pays n’est pas du tout un endroit sûr » pour les migrants. Néanmoins, rien ne permet de disqualifier la coopération avec les forces libyennes de sauvetage en mer, que l’Organisation internationale des Migrations ne met pas non plus en cause.
Quand Frontex aperçoit une embarcation en détresse, « tous les acteurs concernés sont alertés, et pas seulement les forces libyennes », a aussi précisé Hans Leijtens.
Frontex, qui coopère déjà avec plusieurs pays des Balkans occidentaux de manière fructueuse, selon le Néerlandais, pourrait aussi, à terme, coopérer avec le Sénégal et la Mauritanie, des pays avec lesquels ont été lancés des projets d’accords. Mais cela risque « d'être long », a-t-il indiqué.
M. Leijtens a admis des défis pour l’Agence pour s’engager davantage en Afrique et dans des contextes où la démographie reste fragile.
La dimension 'droits fondamentaux' de ces accords avec les pays tiers se renforce en tout cas et, depuis 2020, aucun accord avec un pays tiers ne peut être scellé sans évaluation systématique de l’impact sur les droits fondamentaux ; chaque accord noué contient par ailleurs « des sauvegardes à chaque étape » et une analyse des risques et des vulnérabilités avant « chaque opération conjointe ».
Dans certains cas, il n'a pas été possible pour Frontex de remédier à ces vulnérabilités. Ainsi, l’agence a quitté le Niger après le coup d'État du 26 juillet. « Notre coopération a été suspendue et tous nos officiers de liaison sont partis », a dit Hans Leijtens.
En 2022, 24 000 migrants ont été renvoyés vers plus de 100 pays d’origine, a encore dit le Néerlandais, Frontex mettant par ailleurs l’accent sur le processus de réintégration pérenne de ces personnes renvoyées.
Grèce
M. Leijtens a aussi été interrogé par certains élus sur la Grèce et la possibilité d'activer l’article 46 de l'Agence, qui organise un retrait d'un pays membre quand celui-ci est soupçonné de ne pas respecter les standards légaux aux frontières extérieures.
Cela pourrait avoir comme « conséquence de stopper toute coopération avec ce pays », a dit le Néerlandais, indiquant aux eurodéputés vouloir, à ce stade, l’utiliser comme « levier » pour faire pression sur la Grèce. (Solenn Paulic)