Au Parlement européen, les groupes S&D, Verts/ALE et La Gauche sont d'avis que l'accord de coopération UE/Cuba doit servir de plateforme pour évoquer toutes les questions politiques, y compris celle sur le respect des droits de l'homme, et soutenir le développement économique de l'île.
À l'inverse, les groupes PPE, Renew Europe et CRE demandent de suspendre la mise en œuvre de l'accord bilatéral en vigueur depuis 2017, convaincus que les Vingt-sept ne doivent pas collaborer avec « une dictature » alliée à la Russie de Vladimir Poutine.
Telles sont les positions que ces groupes ont défendues, mardi 13 juin, lors d'un débat en session plénière. Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, s'est placé du côté des groupes situés à gauche de l'hémicycle, estimant que la 'Position commune' de l'UE, en place pendant vingt ans avant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba, n'avait produit aucun résultat tangible.
Convaincu de la nécessité de parler avec les pays qui ne partagent pas le point de vue de l'UE, il a défendu les résultats de son récent déplacement dans l'île caribéenne, qui lui a permis, selon lui, d'aborder avec franchise la question des droits de l'homme, le respect d'un ordre multilatéral basé sur la Charte des Nations Unies, et de soutenir l'essor du secteur privé (EUROPE 13190/24).
À l'ONU, Cuba s'est toujours abstenu de condamner l'agression militaire russe de l'Ukraine. (Mathieu Bion)