Le Parlement européen a invité la Commission européenne, mercredi 14 juin, à procéder à une évaluation complète de l’impact cumulé des propositions législatives du 'Pacte vert européen' sur le secteur agricole de l’Union, « qui couvre toutes les dimensions de la durabilité afin de garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la viabilité des exploitations agricoles et la production agricole dans l’Union ».
Le PE a adopté (447 voix pour, 142 contre et 31 abstentions) le rapport de Marlene Mortler (PPE, allemande) sur la sécurité alimentaire, qui tente de concilier les intérêts divergents au PE sur les effets du 'Pacte vert européen' sur l’agriculture.
En adoptant un amendement déposé par plusieurs eurodéputés originaires des pays d’Europe centrale et orientale, le PE invite le Conseil à envisager, dans le cadre de la révision du Cadre financier pluriannuel (CFP), d’accélérer le processus de nivellement des aides de la PAC vers la moyenne de l’Union afin de donner aux agriculteurs des États membres où ce processus n’est pas encore achevé les moyens de relever les défis actuels.
En adoptant un autre amendement de députés surtout des groupes Verts/ALE et S&D, les députés soulignent qu’une action immédiate de l’Union européenne est nécessaire pour « protéger la sécurité alimentaire contre des menaces telles que le changement climatique et la perte de biodiversité ».
Pesticides. Le PE souligne que la Commission a présenté une proposition législative comportant des objectifs contraignants de réduction des pesticides, y compris une interdiction de leur utilisation dans les zones dites sensibles, « sans proposer au préalable aux agriculteurs d’autres solutions de lutte contre les ennemis des cultures qui soient abordables et suffisamment efficaces ou tenir compte de l’incidence que le manque d’outils de protection des végétaux contre les organismes nuisibles pourrait avoir sur la sécurité alimentaire de l’Union, sa dépendance à l’égard des importations en provenance de pays tiers et sa capacité à maintenir une bonne santé des végétaux ». En outre, selon les eurodéputés, cette proposition ne tient pas compte des spécificités régionales de l’agriculture européenne et ne contient pas d’analyse d’impact globale comprenant une quantification des incidences sur la production alimentaire, la compétitivité de l’agriculture de l’UE, l’incidence potentielle sur les agriculteurs, les dépendances à l’égard des importations de denrées alimentaires, les prix des denrées alimentaires et la propagation d’organismes nuisibles (voir autre nouvelle).
Par ailleurs, le PE estime que l’application ciblée de nouvelles techniques génomiques et l’approbation des semences utilisant ces techniques dans l’Union sont des mesures importantes pour rendre l’agriculture durable dans le contexte du 'Pacte vert pour l’Europe' et de la stratégie ‘de la ferme à la table’.
Enfin, en adoptant un amendement déposé par plusieurs eurodéputés, le PE se félicite du projet de révision de la législation de l’Union sur le bien-être animal. (Lionel Changeur)